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IKONGO – La machine judiciaire au point mort

Le traitement des dossiers au parquet du tribunal de première instance d’Ikongo est pratiquement à l’arrêt. En conséquence, plusieurs personnes sont gardées à vue depuis plus de deux mois. Inédite et inquiétante. Selon les informations, la machine judiciaire est paralysée dans le district d’Ikongo. En cause, l’absence du procureur de la République.

L’information a été affirmée de vive voix par le député Brunelle Razafintsiandraofa, élu dans la circonscription de la région Vatovavy, mardi. À l’issue de l’adoption de la résolution portant création d’une commission d’enquête sur le drame d’Ikongo, le vice-président de l’Assemblée nationale a déclaré devant la presse que “le procureur de la République a quitté Ikongo depuis le 29 août. Il n’y est pas retourné jusqu’ici”. Des sources auprès des Forces de défense et de sécurité (FDS) dudit district, indiquent juste que le magistrat “est absent”, sans préciser depuis quand. Dans la matinée du 29 août, une foule ayant pris d’assaut la caserne de la gendarmerie d’Ikongo s’est heurtée aux tirs des éléments des FDS présents.

 

Onze morts et une vingtaine de blessés ont été recensés. Selon les récits officiels, cette foule comptait arracher aux gendarmes des individus soupçonnés d’avoir kidnappé un enfant albinos, puis de l’avoir assassiné ainsi que sa mère. Procéder à une vindicte populaire aurait été le but. Cet événement a, de prime abord, bouleversé la conduite des affaires publiques dans cette circonscription.

Deux mois de garde à vue

Ce bouleversement, suite au drame du 29 août, pèse particulièrement sur la machine judiciaire. Selon les explications, suite à cet événement, le procureur de la République du Tribunal de première instance (TPI), d’Ikongo a été affecté à Vangaindrano. Son remplaçant serait déjà nommé, mais attend son installation officielle.

“À cause de l’absence du procureur de la République, des personnes sont gardées à vue depuis plus de deux mois”, rapportent toutefois les responsables de la sécurité à Ikongo. À l’heure actuelle, les geôles des forces de l’ordre du district sont pleines à craquer. Vingt-sept personnes y sont gardées à vue, dont une femme. Seuls quelques-uns bénéficient d’un approvisionnement régulier en vivre par leurs familles. A cause du manque d’alimentation et d’air frais, leur état de santé se dégrade. Au regard des affaires qui les happent, ils sont pourtant présumés dangereux. Ce qui expliquerait la longue garde à vue, en attendant leur traduction devant la Justice.

Trafic de personnes albinos, meurtre, menace de mort sont, vol de bovidés sont, entre autres, les méfaits qui sont imputés à la majorité de ces individus gardés à vue. Face à la détérioration de leur situation humanitaire, l’Organe mixte de conception (OMC), de la circonscription d’Ikongo s’est réuni, mercredi, sous la houlette de l’adjoint du chef de district. Ce dernier a déboursé de sa poche une somme pour aider à l’alimentation des gardés à vue. Ils pourront sortir pour une promenade le jour.

Des contrôles de santé sont aussi prévus. Autre conséquence de cette absence du procureur de la République, le député Razafintsiandraofa affirme que le personnel du TPI d’Ikongo refuse de réceptionner les plaintes des victimes du drame du 29 août. Outre la justice, les conséquences de ce lundi noir pèsent aussi sur l’administration territoriale d’Ikongo. Le chef dudit district a été démis de ses fonctions lors du conseil des ministres du 7 septembre. Jusqu’ici, il n’a pas été remplacé, raison pour laquelle la réunion de l’OMC, mercredi, a été présidée par le chef de district adjoint.

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