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Tanà-Masoandro – Les députés IRD montent au front

Les élus de la majorité donnent de la voix pour défendre le projet Tana-Masoandro. Ils lancent un appel au dialogue entre la population et l’État.

Rassurer. Tel est l’objectif des députés du groupe parlementaire IRD, en conviant les journalistes à une conférence de presse à la cafétéria de l’Assemblée nationale, hier. Le projet Tanà-Masoandro était à l’ordre du jour.

Dans cette sortie médiatique, les élus de la majorité ont, notamment, proposé leurs bons-offices pour trouver un consensus dans le litige qui oppose les propriétaires des terres concernés par le projet de ville nouvelle et l’État. « Nous réitérons l’appel au dialogue. Nous vous demandons de discuter pour trouver un consensus. En tant que députés, nous sommes prêts à faciliter le dialogue avec l’État », déclare le député Johnny Rakotoarisoa, élu dans le district d’Ambohidratrimo.

L’élu d’Ambohidratrimo ajoute, « plusieurs d’entre nous ne connaissent pas les tenants et aboutissants de ce projet. Pour taire les rumeurs et ouï-dire, il n’y a rien de mieux que le dialogue ». Le bras de fer entre l’État et une partie des habitants d’Ambohitri­manjaka, dont les terres sont concernées par le projet Tanà-Masoandro est de plus en plus fort, ces derniers jours. La descente d’une délégation gouvernementale sur place, la semaine dernière, n’a pas suffi à apaiser la tension, semble-t-il.

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Une vive altercation entre les forces de l’ordre et des habitants qui ont tenté d’empêcher un convoi transportant des pierres destinées au chantier de construction d’un pont devant relier la rocade d’Andohatapenaka au site de la future nouvelle ville, a éclaté, hier en début de soirée. Les faits se sont déroulés quelques heures après la conférence de presse des élus IRD.

Pour rassurer les récalcitrants, les élus de la majorité ont, pourtant, affirmé que dans le dialogue qu’ils requièrent, ils allaient « défendre l’intérêt de la population », afin qu’elle ne soit pas lésée dans la concrétisation du projet. « Nous allons également, suivre de près l’allocation des indemnités compen­satrices aux propriétaires des terres », affirme le député Rakotoarisoa. « Nous allons plaider pour que ce soit un projet gagnant-gagnant », ajoute-t-il.
L’existence de courant politique qui attiserait le clash entre l’État et les habitants d’Ambohitrimanjaka a, également, été soulevée durant la conférence de presse d’hier. « Bien sûr qu’il y a des dessous politiques derrière cette opposition au projet », réplique le député Andry Ratsivahiny, élu dans le district d’Antananarivo Antsimondrano.

Il affirme que « si le projet Tanà-Masoandro est concrétisé, ce sera un excellent point pour le pouvoir et le consolidera. Certains créent donc, volontairement le blocage pour que cela ne se fasse pas ».

 

2 commentaires

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  • Une promesse de campagne n’est pas des travaux forcés et suicidaires. Très intelligent.
    Des députés malgaches très en retard sur le développement durable. Ils sont toujours à l’époque où la nature sauvage est abondante dans la capitale nouvellement naissance. Alors qu’en 2019 toutes les nations font marche arrière pour repeupler les campagnes lointaines, eux ils sont toujours au cinéma ‘gratuit’ et salaire facile.
    Je pense qu’il faut supprimer le salaire des députés dans les pays en voie de développement et ils doivent mériter que leur salaire de profession initial.
    Ils ne font aucun efforts de recherche ni de concertation avec les autres professions d’aménagement du territoire, ou des acteurs du développement durable international.
    C’est une honte.

  • Déjà, expliquer les tenants et aboutissants de ce projet doit systématiquement revenir à l’initiateur même du projet. C’est-à-dire, le Président de la République lui-même qui parlera comme un vrai Ray-amandreny, et non comme le chef de fil des Oranges.
    Ensuite, suivre les allocations et j’en passe ne doit pas revenir aux députés. Une commission indépendante constituée par la société civile devrait être mise en place. Pas de place à l’akama akama qui, malheureusement, va de pair à la façon dont nous – les Malagasy – concevons la Politique.