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Éducation – Un enfant sourd-muet veut étudier

Un enfant sourd-muet de naissance souhaite relever le défi d’apprendre à lire et veut aller à l’école comme les autres enfants.

Jean François, un enfant sourd-muet de naissance, veut à tout prix surmonter son handicap. Il réclame, en silence, son droit à l’éducation. Cet enfant de 8 ans a été exclu de l’école au début. Il accompagnait ses sœurs à l’école presque tous les jours mais restait dans la cour de l’école pour les attendre. Il désirait ardemment entrer dans les salles de classe, mais on lui a refusé une place à l’école. Il y a deux ans, la directrice de l’Ecole primaire publique à Anda­kolosy Antetezambaro, dans le district de Toamasina II, a accepté de l’intégrer dans son établissement.

Depuis, l’évolution de Jean François éblouit. Il va entrer en classe de 10ème (CP2), pour la prochaine l’année scolaire. « Il n’entend pas, mais il sait écrire et lire des voyelles et des chiffres. Il commence même à savoir faire des petits calculs », raconte Elodie Julie, enseignante dans cette école, hier, dans le cadre de la célébration de la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Jean François serait fasciné par les chiffres et la lecture. « Il aime bien les livres car il aime regarder des images. Il aime, également, aller au tableau pour montrer à ses camarades de classe qu’il est aussi capable qu’eux», ajoute cette enseignante.

Défis à relever

Une nouvelle étude de la Banque mondiale et de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) montre que la part des enfants de dix ans, incapables de lire et de comprendre un texte adapté, atteint environ 52 % dans les pays en développement. À Madagascar, la situation est préoccupante. 97% des enfants en âge de fin de cycle primaire ne sont pas en mesure de lire et de comprendre un texte. Plusieurs défis sont à relever pour Madagascar pour renverser cette situation, notamment, en termes de capacité pédagogique. « Les enseignants malgaches accusent de très graves lacunes en termes de capacité pédagogique », selon les résultats de l’enquête sur les Indicateurs de Prestation de Service en Éducation effectuée en 2016. Il a été annoncé, entre autres, que « seul un enseignant sur mille a eu un score égal ou supérieur à 80% sur les tests de français et mathématiques. En outre, près de 20% des enseignants n’ont pas réussi à effectuer une soustraction de nombres à deux chiffres (86-55) et 55% incapables d’additionner des nombres décimaux : 0,24+0,57 ».

Le ministère de l’Édu­cation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle ferait sa priorité le renforcement de capacité des enseignants, selon son secrétaire général, Aurélie Razafinjato, hier, lors d’un débat sur la profession enseignante dans le pays, qui s’est tenu à Toamasina, dans le cadre de la célébration de cette journée. « La capacité d’accueil des centres de formation sera augmentée et la formation à distance sera renforcée», a-t-elle indiquée. D’après la Banque mondiale, « l’ampleur de la pauvreté des apprentissages et la lenteur des progrès des pays à revenu faible et intermédiaire compromettent la réalisation des objectifs mondiaux d’éducation et sapent les efforts déployés pour mettre fin à la pauvreté ».