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Economie – Les secteurs pourvoyeurs de devises piétinent

L’asphyxie des secteurs pourvoyeurs de devises menace la croissance. L’économie se retrouve handicapée par la survie difficile de trois secteurs ouverts à l’international. Des domaines clés qui permettent les rentrées de devises conséquentes. L’exportation du nickel, le commerce de la vanille, et le tourisme attendent une amélioration de la situation sanitaire internationale pour récupérer leurs parts de marché en temps ordinaire.

Précédée par la chute du cours du nickel au niveau mondial ces cinq dernières années, la fermeture temporaire des sites extractifs d’Ambatovy aggrave les pertes dans l’exploitation de ce métal non-ferreux qui génère le maximum de rentrées de devises pour le pays.

« La volatilité des prix ne concerne pas seulement ce métal que Madagascar exporte, il en est de même pour les épices comme la vanille. Elle rencontre cette année une baisse de la demande en raison de l’utilisation de produits synthétiques à la place de la vanille, laquelle a coûté cher aux industries occidentales ces trois dernières années », explique un enseignant de droit du commerce international.

Concertation

Second pourvoyeur de devises pour la Grande ile, l’exportation de la vanille s’avère de moins en moins prometteuse à partir du 15 septembre, date officielle du début de la campagne d’exportation. « Nous n’avons encore reçu aucune commande. La crise économique a obligé plusieurs multinationales dans l’agroalimentaire à réduire leurs dépenses en matières premières et à recourir à l’achat de denrées moins chères ailleurs », explique un opérateur économique qui a fait fortune dans l’exportation annuelle par voie aérienne de plusieurs tonnes de vanille.

Ces problèmes stagnants poussent vers un taux de croissance négatif, la reprise des activités commerciales dans les grandes villes se traduisant par un rebondissement du secteur informel qui constitue 24% du PIB. La suspension des vols « passagers » risque d’entraver l’exportation de la vanille pour les opérateurs qui préfèrent accompagner leur or vert jusqu’à destination.

L’arrivée des touristes, d’ici octobre, fait durer pour encore un mois la traversée du désert des opérateurs touristiques. « Même si tout va redécoller, les pertes d’emplois directs et indirects à cause du confinement restent sans solutions dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie », indique un homme d’affaires qui requiert l’anonymat.

« L’adoption d’offres en adéquation aux moyens de la population locale est la seule solution ouverte aux opérateurs dans le tourisme qui n’ont pas opté pour la reconversion professionnelle. Le tourisme est en train d’assister à une pénurie de professionnels du métier, faute de mesures pour sauvegarder les emplois », affirme de son côté Durlin Retogniane, enseignant et expert en tourisme.

Pour l’économiste Hery Ramiarison, « le rapprochement entre l’État et le secteur privé est impératif pour amorcer un dialogue sérieux. Le secteur privé est le mieux placé pour mieux connaître ses problèmes. Il faut capitaliser les solutions dans ces secteurs pourvoyeurs de devises si on veut maintenir le niveau de production de richesses. Autrement, on ne peut pas parler de taux de croissance prévu à 4,1%. Tout ne se refait pas en un an, il faut une priorisation sectorielle par étape en investissant d’urgence dans chaque domaine qui rapporte beaucoup pour le pays. La situation actuelle et ses conséquences laissent entrevoir définitivement un taux de croissance négatif.»

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