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Chantage à explosif : Travaux forcés pour un poseur de bombe

Le principal accusé dans la tentative d’attentat à la galerie SMART a écopé d’une peine de 15 ans de travaux forcés.

Une première. La Cour criminelle ordinaire du Pôle anti-corruption (PAC) a statué sur une affaire de terrorisme, hier. Il s’agit de la première affaire du genre traitée par cette instance judiciaire, depuis que le texte l’instituant lui a attribué la compétence sur les affaires relevant de la loi contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, mise en vigueur 2014.

Pour inaugurer le jugement des actes de terrorisme par l’entité judiciaire sise aux 67 ha, ce sont les quatre accusés dans la tentative d’attentat à la bombe, à la galerie SMART Tanjombato, qui se sont présentés devant la barre, hier. À l’issue du procès, le principal accusé a écopé d’une peine de quinze ans de travaux forcés. Ces co-accusés ont été acquittés.

Selon Solofohery Razafin­drakoto, procureur de la juridiction de second degré du PAC d’Antananarivo, « il s’est avéré que les trois autres personnes n’avaient rien à voir dans l’affaire. Elles ont été happées par l’affaire puisque l’auteur des faits a emprunté leur téléphone et les ont utilisés dans ses actes de chantage. La personne condamnée est celle qui a posé la bombe ».
L
es faits se sont déroulés le 7 juin 2017, en fin d’après-midi. Une alerte à la bombe a été lancée à la galerie SMART Tanjombato, lorsqu’un des vigiles a découvert un sac en plastique contenant des objets suspects dans les toilettes. Une procédure d’évacuation d’urgence a été déclenchée. Au même moment, les éléments des forces de l’ordre ont été massivement dépêchés sur place, notamment, des équipes de démineurs.

Acte terroriste
Celui qui vient d’être reconnu coupable de tentative d’attentat à la bombe avait, le jour des faits, contacté le gérant du super marché de la galerie commerciale pour lui dire qu’il avait prédisposé des engins explosifs. Le maître chanteur avait réclamé dix millions d’ariary à transférer par mobile money, sans quoi, il déclencherait une déflagration.
La zone a été bouclée jusque tard dans la soirée, le temps que les démineurs neutralisent le colis suspect et que les forces de l’ordre passent la galerie aux peignes fins. Dans cette affaire, le Pôle anti-corruption a, notamment, fait référence aux dispositions de la loi contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. La loi instituant le PAC veut qu’il soit compétent pour la poursuite, l’instruction et le jugement des infractions prévus et réprimées par celle prévoyant la lutte contre le terrorisme.
Ce texte définit « l’acte terroriste », comme étant
« tout acte (…) destiné à causer la mort ou des dommages corporels graves à un civil ou toute autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou son contexte, cet acte est destiné à intimider la population ou contraindre le gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ».