Notes du passé

Ambositra prospère par son artisanat

La Cité des Roses est l’appellation donnée à Ambositra sous la colonisation. Située à l’entrée du pays betsileo, à environ 205 km au sud d’Antananarivo, elle se trouve enclavée dans une cuvette entre les monts d’Antefy et d’Andraimbe, mais perchée sur une petite colline et entourée de rizières. La RN7 la traverse du Nord au Sud, sur une longueur de 3km. Dès l’origine, les grandes étendues de rizières qui l’entourent, ont rassemblé leurs propriétaires sur la colline et dans les environs immédiats.

La RN7 a fait de la ville un lieu de passage obligé de tous les usagers de la route qui vont de la capitale jusqu’au Sud. À quelques kilomètres au sud d’Ambositra, un embranchement relie Ambatofinandrahana et Morondava à la ville d’où part également une piste vers Ambohimanga du Sud, Ifanadiana et Mananjary. Ambositra est donc un nœud routier, situation qui amène de nombreux commerçants étrangers à s’y installer.

Grâce à ces routes- à l’époque d’intérêts régional et local- qui desservent la ville, Ambositra est un lieu d’écoulement et d’évacuation pour l’exportation des produits du district. Deux importantes compagnies commerciales y ont chacune une agence. Une rizerie traite les paddy. Et surtout, diverses machines à bois sont installées dans cette ville très réputée pour ses travaux d’ébénisterie et de marqueterie. D’ailleurs, la municipalité poursuit en 1955, l’embellissement de la Cité des Roses qui reçoit la visite de nombreux touristes, amateurs des sites variés de la région et attirés par les ouvrages de marqueterie, de rabane, de broderie dans lesquels des artisans de la ville se sont spécialisés.

Ambositra est érigée en municipalité par arrêté du 9 février 1951. La commune qui compte alors environ 6 000 habitants, ne commence véritablement à démarrer qu’en 1952. Plusieurs réalisations sont ainsi effectuées dès cette époque. La première est le bitumage des principales artères de la ville. Puis se succèdent ou se font simultanément l’amélioration des conduites d’eau, depuis le point de captage jusqu’au réservoir d’Analabe, l’élargissement des rues et la pose des trottoirs, l’aménagement et le bitumage de la Place du marché.

En 1953, Ambositra peut, avec ses propres moyens, adjoindre deux nouveaux groupes électrogènes à celui installé grâce au budget provincial, quelque temps avant l’érection de la ville en commune. Mais déjà ces trois moteurs d’une puissance totale de 230 kVa restent insuffisants pour satisfaire les besoins sans cesse croissants de l’agglomération en énergie électrique.

L’élargissement des routes et les travaux d’égouts étant les principaux problèmes de la commune, les travaux poursuivis en 1954 reprennent l’année suivante. En divers endroits sont édifiés des murs de soutènement et aménagés des jardins publics. Comme les travaux d’élargissement des routes et des carrefours sont prévus, la continuation des égouts sont alors des questions urgentes, mais comme cela exige des dépenses considérables, la commune décide d’ouvrir une carrière et de l’exploiter par des engins appropriés. Carrière dont la rentabilité est vite constatée.

L’adduction d’eau constitue aussi des problèmes pratiques prioritaires à Ambositra. Le débit des conduites qui alimentent la ville s’avère insuffisant du fait de la densité toujours croissante de la population. Ainsi, elle contracte un emprunt auprès de la Caisse centrale de la France d’Outre-mer pour mener à bien ces travaux. Parallèlement, ceux pour améliorer le réseau électrique de la ville, présentent également un caractère d’urgence. Une « étude complète et définitive » des réalisations qu’il convient d’effectuer, est demandée à la direction générale des Travaux publics.

Notons qu’en 1955, Ambositra est dotée d’un hôpital avec maternité, équipé d’une dentisterie et d’un appareil de radiologie. Proche de cet établissement, le comité local de la Croix-Rouge construit un dispensaire pour enfants.

En matière d’enseignement, la ville compte un Cours complémentaire d’administration dénommé auparavant École régionale. Il occupe la partie nord de l’agglomération avec le Cours complémentaire de jeunes filles ou École ménagère. Et un Centre d’apprentissage pour les travaux de bois vient d’être ouvert à l’époque. Les missions catholique et protestante dirigent aussi plusieurs écoles en ville, comprenant des classes allant de la Maternelle au Certificat d’aptitude à l’enseignement. Enfin, un orphelinat dirigé par les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, accueille et éduque une trentaine d’orphelines.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter