Politique

corruption – Poursuite contre seize députés

Trois mois après le dépôt de doléance par les députés Tim et Mapar au Bianco, neuf députés sur les seize convoqués ont été entendus à Ambohibao. Les sept restants encourent le risque d’arrestation.

Avertis­sement. Ceux qui se réfugient sous l’immunité parlementaire doivent s’inquiéter. Sept députés soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de corruption snobent le Bureau indépendant anticorruption (Bianco).
En marge de la signature d’une convention de partenariat entre cette entité en charge de la lutte contre la corruption et la Section laïque de l’église FJKM hier au restaurant Le Pavé Antani­narenina, Jean Louis Andria­mifidy, directeur général du Bianco a été ferme. « Il n’y a pas de raison de refuser notre convocation. Si ces personnes sont innocentes, il est de leur devoir d’apporter des explications et des éléments de preuves pour les disculper. Si elles s’obstinent à refuser notre convocation, elles feront l’objet d’arrestation », a-t-il prévenu.

La loi 2016-020 sur la lutte contre la corruption renforce les pouvoirs du Bianco. Si auparavant, toutes interventions nécessitent la mobilisation d’un huissier, il est désormais possible de procéder à des arrestations. L’article 49 de cette loi indique en effet que « sur autorisation expresse et écrite du directeur général [du Bianco], un officier peut procéder à l’arrestation immédiate d’un suspect pour les besoins de l’investigation ».
Suite à une doléance déposée par les députés Tim et Mapar le 5 avril pour suspicion de corruption lors de l’adoption des projets de loi organique relatifs aux élections, le Bianco a ouvert une enquête.

Crime secret
Outre la lettre de doléance, ils auraient également remis des photos, des vidéos ainsi que des enregistrements sonores à l’appui. « Comme la corruption est un crime secret, nous collectons plusieurs indices permettant de prouver qu’il y a corruption ou non. La vidéo qui a circulé dans les réseaux sociaux s’avère être prise en 2016. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas corruption », poursuit le directeur général du Bianco. Ainsi, une première vague de seize députés a été convoquée à la villa La Piscine à Ambo­hibao, pour s’expliquer
sur cette affaire dont sept refusent de répondre aux convocations. Compte tenu du caractère discret et complexe de la constatation de certaines infractions de corruption, certaines dispositions de la loi 2016-020 dérogent sur celles des autres textes législatifs en vigueur. Ainsi, les privilèges et immunités dont bénéficient certaines personnalités peuvent être levés pour les besoins de l’enquête. La loi dispose en effet que « Sans préjudice des dispositions constitutionnelles législatives et réglementaires en vigueur relatives aux immunités et privilèges accordés à certaines catégories de personnes(…), toute personne suspectée d’être auteur, co-auteur, complice ou instigateur de fait de corruption ou d’infraction assimilée à la corruption peut faire l’objet d’audition dans le cadre d’une enquête préliminaire ».
Le Bianco émettra incessamment une nouvelle convocation à ces parlementaires. Ils disposent ainsi d’une nouvelle chance pour apporter des preuves sur leurs implications ou non dans le fameux épisode du « Paon d’or », lors de la troisième session extraordinaire de cette année.

 

1 commentaire

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • Manao ny asany tokoa ny Bianco ary mandray andraikitra amin’ny sehatra rehetra mihitsy. Ny angatahiny fotsiny dia ny mba hanaovan’ny iry zareo fanadiadiana tsara fa tsy izay tondro molotra akory dia enjehana avokoa.