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Après une longue attente – Le chantier de la RN13 sur les rails

Les  engins  de  Colas  sont  déjà  sur  place.

Le coup d’envoi officiel de la réhabilitation de la première partie de la RN13 a été donné, hier, à Ambovombe. Un événement accueilli dans la liesse par les habitants de la capitale de la région Androy.

«Rekitsy ity, tsy Ta sasy». Un dialecte d’une des ethnies de la partie Sud du pays, voulant dire, «c’est parti, rien ne pourra plus nous stopper». Une phrase retenue comme slogan du coup d’envoi officiel des travaux de réhabilitation de la Route nationale numéro 13 (RN13).

Rendez-vous a été pris, hier, à Ambovombe. Les deux chefs de l’Exécutif, à savoir le président de la République et le Premier ministre, auréolés de quelques membres du gouvernement ont fait le déplacement pour l’occasion. Du côté des parlementaires, les sénateurs et députés de la province de Toliara étaient au complet. La capitale de la région Androy quant à elle, était en effervescence depuis le début de la semaine, en vue de l’événement.

Dès le petit matin, une foule dansante a fait le va-et-vient sur la principale artère de la ville afin de mobiliser les habitants d’Ambovombe, pour cette journée annoncée «festive». En ordre de bataille à trois kilomètres en amont de la ville, les engins de l’entreprise Colas, chargée des travaux, attendaient juste le starter officiel. Dès son atterrissage en milieu de journée, le président Andry Rajoelina a été accueilli sous les chants et les danses de ses hôtes.

La liesse populaire est montée en crescendo jusqu’au meeting couplé avec l’inauguration du stade rénové d’Andaboly, en milieu d’après-midi. «J’attends ce moment depuis longtemps», soupire le Chef de l’État. La raison, ajoute-t-il, est qu’il s’agit «d’un engagement pris, d’une parole donnée, à concrétiser impérativement». Comme l’a rappelé le député Philobert Milavonjy, élu à Ambovombe, Andry Rajoelina a mis en jeu sa carrière politique sur la concrétisation de son Velirano de réhabiliter la RN13.

L’événement d’hier revêt une dimension politique majeure pour les tenants du pouvoir et leurs partisans. Raison, probablement, de la présence des deux chefs de l’Exécutif, et d’une forte délégation des parlementaires de la province de Toliara. Président du Groupe parlementaire union pour la République (GPR), le député Milavonjy était un des plus critiques envers le pouvoir. Il l’a souligné, hier, en ajoutant avoir eu des réserves sur l’engagement présidentiel concernant la RN13.

Salutaire

«J’ai eu des doutes puisque d’autres avant vous ont fait la même promesse mais ne l’ont pas concrétisée. Il y a eu l’ancien président Ravalomanana, puis l’ancien Rajaonarimampianina que j’ai soutenu, mais n’y sont pas parvenus. (…) Après la cérémonie de lancement, ce matin, je vous tire mon chapeau monsieur le Président», déclare l’élu d’Ambovombe en prêtant allégeance au locataire d’Iavoloha.

Autre élue membre du GPR, la députée Masy Goulamaly, elle aussi, a affiché un enthousiasme inhabituel. Pourtant parmi ceux qui ont un regard acerbe sur les failles de la gouvernance étatique, l’élue de Tsihombe s’est fendue d’un «continuons notre chemin monsieur le Président», à Ambovombe. Elle a même esquissé quelques pas de danse Antandroy, sous les chants des artistes traditionnels, tout en montant les marches de la tribune où s’est tenue le lancement du chantier de la RN13.

Avec le lancement des travaux de réhabilitation de la RN13, Andry Rajoelina a, visiblement, fait mouche sur le plan politique. Antant les orateurs au micro, que les voix au sein de la foule, notamment, au stade d’Andaboly, les projections affirmées tendent déjà vers la prochaine élection présidentielle, en 2023. Il a même rehaussé la barre en annonçant le coup d’envoi du chantier de la RN10, qui va d’Ambovombe jusqu’à la RN7 menant vers Toliara, cette année. Un projet qui sera financé par la Banque mondiale.

À l’instar des parlementaires du Sud, les habitants d’Ambovombe et les usagers de la RN13, eux aussi, trépignent d’impatience quant à la concrétisation de la réhabilitation de cette route. Une impatience hurlée, notamment, durant le meeting à Andaboly. Flavien, chauffeur et loueur de 4×4, à Tolagnaro, qualifie le projet de «salutaire», pour son travail, mais également, l’économie de cette partie du pays.

«Actuellement, il faut quatre à cinq heures pour joindre Ambovombe et Taolagnaro. La route est chaotique et à chaque fois qu’il pleut, la piste change de tracé et devient plus impraticable. Après chaque voyage, il faut faire une révision totale de la voiture. Non seulement, la réhabilitation de la route réduira considérablement la durée du trajet, mais aussi, les dépenses en entretien des véhicules. Il y a aussi la sécurité, puisque le mauvais état de la route est propice aux attaques de brigands», témoigne Flavien.

Moïse Rambao, aide soignant et tenancier d’une épicerie avec son épouse à Ambovombe, quant à lui, mise sur la réhabilitation de la route pour atténuer le coût de la vie et favoriser le commerce. «Les tarifs de transport de marchandise font flamber les prix des produits du quotidien», explique-t-il en effet. Le tronçon de la RN13 partant d’Ambovombe à Tolagnaro traverse trois districts, dont onze communes. Latimer Rangers, une légende du journalisme, natif de l’Androy, a souligné la dimension socio-culturelle de la RN13. Aussi, Andry Rajoelina annonce qu’elle sera rebaptisée «Lalan’ny Firaisan­kina», ou «Route de la solidarité».

«En tant que fils du Sud, je vous garantis que ce projet sera mené à terme», affirme Jerry Hatrefindrazana, ministre des Travaux publics, et natif de la région Anosy, dont la capitale est Tolagnaro. Financé par la Banque européenne d’investissement (BEI), les travaux lancés hier, couvrent 114 kilomètres, d’une durée de vingt-six mois. Après le premier coup de pelle d’hier, plusieurs attendent maintenant le lancement de la partie partant d’Ihosy à Betroka, qui serait pris en charge par l’État. D’aucuns espèrent, aussi, que le tronçon Betroka à Ambovombe ne sera pas en reste.

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