Editorial

Maux de dettes

Promis et juré. Richard Randriamandrato, ministre de l’Économie et des finances, a prévu de tenir une conférence-débat, ou un cours ex-cathedra sur le service de la dette. Nous y allons consacrer le temps qu’il faudra, a-t-il souligné sur le perron de la Banque centrale, devant une nuée de journalistes, à la présentation des contributions financières des bailleurs de fonds, 444 millions de dollars au total, pour lutter contre le coronavirus. Mais les exigences du moment en ont décidé autrement. Principal concerné par la conception du projet de loi de finances rectificative, et associé à l’élaboration du Plan multisectoriel de relance de l’économie globale, il n’a pas encore pu étaler et partager ses connaissances sur le sujet susmentionné.

Quand bien même, devant des sénateurs qui ont posé et imposé des questions bien senties, il a effleuré cette notion complexe. En estimant qu’il faudrait s’endetter davantage auprès des partenaires financiers dans le futur proche. Une démarche tout à fait objective dictée par la situation macro-économique catastrophique du moment. Les prévisions les plus optimistes ou pessimistes, par exemple, tablent sur un taux de pression fiscale de 8,9% rapporté au Produit intérieur brut, PIB, au bout de cette longue et incertaine lutte contre le Covid-19. La réalisation de 11% l’année dernière est loin, très loin de la moyenne des performances à l’échelle continentale. Au-delà des 20%, même pour des pays longtemps décimés par des guerres civiles interminables.

Alors que des entreprises, à bout de souffle, souhaitent être exemptées de toutes les impositions fiscales. Les flux des échanges commerciaux, importexport, même autorisés depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, ont besoin de temps pour retrouver leur rythme de croisière. Au bout du compte, l’État va devoir se serrer la ceinture pour assurer le strict minimum. Faire tourner la machine administrative, payer le salaire des fonctionnaires et les pensions des retraités, à temps. Le taux prévisionnel du déficit des finances public serait de 5,7% du PIB, selon les anticipations estimatives de la Banque centrale. Les membres du gouvernement doivent faire travailler leurs méninges pour trouver de quoi combler le trou béant laissé par le coronavirus dans le poumon économique du pays.

« S’endetter pour se passer des dettes », préconisait Didier Ratsiraka, pris dans l’engrenage du Programme d’ajustement structurel prôné par le Fonds monétaire international, FMI, des années 80. Il se peut que cette théorie empreinte de lucidité et de clairvoyance soit encore d’actualité. Sur laquelle les actuels tenants du pouvoir peuvent s’ inspirer. Pour soulager d’éventuels maux de… dettes.

1 commentaire

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • S’il ont pu avoir le chiffre de 8.9%, ça ne devrait donc pas être trop difficile de dénicher qui ne paient pas d’impôt et faire pression sur eux au lieu de saigner à blanc ceux qui sont réglos