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Incendie – L’Ouest de l’île en proie aux feux

Une  cartographie  de  la  situation  des  feux  en  date du  13  juin  2020.

Les régions de Madagascar sont constamment exposées aux feux. Ils déciment les espaces de forêts et touchent particulièrement les régions de l’Ouest.

Des points de feux considérables. Il ne s’agit pas de feux de brousse mais de feux qui se déclarent, notamment, en dehors des espaces forestières. La cartographie d’il y a quelques jours démontre des points rouges indiquant les endroits consumés. Mais la direction du Reboisement et de la gestion des paysages et des forêts fait état d’un bilan comparatif entre mai 2020 et 2019.

Globalement, les régions Menabe, Atsimo Andrefana, Betsiboka, Melaky, Sofia, Amoron’I Mania, Bongolava enregistrent le plus grand nombre de points de feux. La direction a recensé en mai de l’année précédente 1 890 points dans les forêts et 17 894 ponts dans les espaces non forêt avec un total de 19 784 points. Cette année, il y a une augmentation avec 2 752 points dans les forêts et 29 813 dans les endroits non forêt pour un total de 32 565 points. Soit un écart de plus de douze mille points en une année.

Appel à l’action

« Il nous est difficile d’expliquer l’écart. Toutefois, nous tenons à faire remarquer que les points de feux atteignent les zones non forêts et nous pouvons formuler quelques hypothèses que ce contexte a un lien avec l’existence du coronavirus. Le confinement exaspère-t-il la population? Les cas de vol de bovidés augmentent-ils et les dahalo profitent-ils des feux pour effacer les traces des zébus? Les patrouilleurs sont-ils aussi en confinement et ne parviennent pas à éteindre les feux? Est-ce le début de la saison sèche? S’agit-il de feux pour la préparation des terrains de pâturage? », s’interroge Jean Jacques Jaozandry, directeur du Reboisement et de la gestion des paysages et des forêts. Le ministre de l’Environnement et du développement durable, Vahinala Raharinirina Baomiavotse, elle, s’indigne face à l’actuelle situation. « Cela fait cinquante ans que nous entendons que celui qui brûle les forêts, brûle la patrie. Et l’acte continue délibérément, par ignorance, par coutume, par mécontentement…

Le ministère savait que les feux allaient se propager malgré les séances d’information et de sensibilisation à la base ainsi que les efforts déployés par les directions régionales. De plus, il n’y a quasiment pas de précipitations. Les forêts, les savanes, les zones de pâturage s’assèchent et brûlent facilement », déplore-t-elle.

Le ministre lance un appel en faveur d’une action collective avec l’implication des komitin’ny asa, des fokonolona et des communautés de base pour prêter main fortes aux directions régionales et pour agir comme des citoyens responsables en prenant soin des jeunes plants reboisés pour une île verte.