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Nosy Be – La fête des pirogues ou la fièvre du week-end

Le départ de la course sur la plage de Sakatia.

C’est durant la belle journée ensoleillée du lundi de la Pentecôte que s’est déroulée, comme chaque année, la fameuse course de pirogues organisée par le Rotary Club de Nosy Be. Un week-end très prometteur!

Le maire de la commune urbaine de Nosy Be n’a pas voulu rater l’arrivée de la course.
Les trois sociétés qui ont sponsorisé les trois premiers équipages de la course.

Parmi les grandes satisfactions du week-end de la Pentecôte à Nosy Be, il a eu l’organisation de la course traditionnelle de pirogues à voile. Celles-ci ont arboré les noms et les logos de la majorité des opérateurs économiques de Nosy Be, inscrits dans cette compétition nautique. Après la course de motos de Djabala, c’est l’une des manifestations les plus appréciées de la population locale depuis sa première édition. Cette année, elle est à sa sixième édition et a réuni quarante pirogues appartenant aux pêcheurs de Dzamandzar, d’Ambatoloaka et de Madirokely. Chaque sponsor veut, évidemment, défendre sa couleur et remporter la victoire.
Certes, l’idée est inspirée d’évènements sportifs d’Indonésie et de Thaïlande, mais il ne s’agiit pas d’une course de pirogues comme la Hawaiki Nui Va’a polynésienne ou la Bounsuangheua thaïlandaise, sur le plan technique et organisationnel.
C’est un évènement festif et sportif organisé par le Rotary Club de Nosy Be, qui met en valeur l’embarcation traditionnelle et contribue à aider les pêcheurs piroguiers. C’est donc un évènement à caractère social qui impacte directement la vie et surtout sur le gagne-pain de la population locale, et c’est le principal objectif de ce club de service. C’est en partageant cette vision que Saham Assurance (anciennement Colina), une compagnie sud-africaine présente dans la Grande Île depuis plus d’une dizaine d’années, a décidé de participer à l’évènement et de contribuer à cette honorable cause, car elle s’est installée sur l’île aux Parfums depuis quelques mois.
« L’événement a été au profit des piroguiers locaux qui sont pour la plupart des pêcheurs. Le Rotary les a dotés de voiles car ils n’ont pas la possibilité d’en acquérir par leurs propres moyens», affirme Pascal Tolojanahary, l’actuel président du Rotary Club de Nosy Be.

Bataille nautique

Les deux piroguiers qui ont gagné
la course, ont reçu un chèque
de 300 000 ariary.

Cet évènement spectaculaire annuel se déroule au large, entre l’île Sakatia et la plage d’Ambatoloaka. Les coureurs ont été présents sur la plage de Sakatia dès la matinée. Tous les participants sont les bienvenus et ont aligné leurs embarcations le long de la plage, rassemblés dans la fraternité totale. Ils ont même oublié qu’ils sont concurrents. Des échanges, des partages et des discussions ont eu lieu avant un repas commun.
Parallèlement, sur la plage d’Ambatoloaka, des animations ont diverti l’immense foule, composée des pique-niqueurs nosybéens et des touristes, qui s’y sont rassemblées toute la journée en attendant l’arrivée des pirogues.
Vers 13 heures, Hery Nantenaina, le responsable de la course donne le top pour que les participants puissent préparer le bonday, les deux bois ronds de sept mètres utilisés comme support de voile. Trente minutes plus tard, la plage de Sakatia change d’aspect. Elle est bordée de pirogues à voile portant les noms des entreprises nosybéennes. L’occasion permet au responsable d’expliquer le règlement de la compétition. La lutte s’est effectuée à voile et non à la rame sur une distance d’environ 13 km. Seuls deux navigateurs sont autorisés à disputer le tournoi sur chaque embarcation.
Ils doivent se laisser porter par le vent tout en maniant leur voile, une technique qui leur est propre et acquise. Ils assurent d’ailleurs qu’ils ont appris, dès leur jeune âge, à naviguer sur une pirogue. Ils n’ont pas besoin d’un exercice particulier pour participer à cette compétition. À 15 heures tapantes, le coup d’envoi est donné par le président de l’association des piroguiers à Sakatia, à destination de la plage d’Ambatoloaka-Madirokely. La course suit un parcours de 13 km.
Avec deux piroguiers sur chaque embarcation, spécialement sélectionnés par le président de l’association des piroguiers, les trente-neuf pirogues portent fièrement les couleurs de leurs bienfaiteurs à l’instar de Saham Assurance qui a deux voiles ou Yamaha qui en a plus de cinq. Quelques pirogues se distinguent comme Palm Beach, Assurance Aro, Tatie Chris Taxi Be, THB, Filems, Marlin Club, Vanila Hôtel, Vehivavy Mifankatia, etc. En tout, les bienfaiteurs sont au nombre de vingt-sept.
La course dure un peu plus d’une heure avec de nombreux rebondissements en cours de route. Deux bateaux servant de balises désignent les vainqueurs à l’arrivée à Ambatoloaka. Les lauréats sont Tabera et Revano, qui portent le logo d’Océan Adventures. Les quatre premiers se sont vu remettre respectivement des chèques cadeaux de 300 000 ariary, 250 000 ariary,
150 000 ariary et 100 000 ariary. Mais en réalité, ils sont tous gagnants car ils rentrent tous avec une voile sur leur pirogue

Les Rotariens de Nosy Be, initiateurs de la course annuelle des pirogues.
Même les étrangers sont obligés de respecter certaines coutumes sakalava.

La pirogue sakalava, le fruit du savoir-faire traditionnel

La pirogue sakalava fait partie de la grande famille « des pirogues à balancier » que l’on trouve principalement en Asie, en Polynésie et en Afrique de l’Est.
Les pirogues utilisées dans la course annuelle de Nosy Be, sont à simple balancier ou Fagnary selon son appellation locale. Cette pirogue, fabriquée de manière artisanale avec des bois locaux comme le manguier, Sambalahy et Fagnapogno, est propulsée par le vent et à la force des bras. Seule une rame non fixée est autorisée pour barrer. Elle mesure entre quatre et sept mètres et possède une forme très élaborée. Au-dessus du tronc de base on trouve un assemblage de pièces de bois et de planches reliées par des clous carrés galvanisés de fabrication locale. Deux hommes suffisent à la manipuler. Elle a une voile carrée ou triangulaire qui sert surtout à pratiquer la pêche jusqu’à 20 km des côtes.
Historiquement, ce sont probablement des marins égarés et non de grandes migrations qui avaient amené ces premières pirogues sur le littoral Ouest malgache.
Le brassage culturel, les contraintes spécifiques de l’environnement de la côte occidentale et le bon sens marin ont progressivement fait évoluer ces deux influences vers la pirogue typiquement sakalava que nous connaissons aujourd’hui. Elle est constituée d’une coque centrale étroite faite d’un tronc creusé surmonté de plusieurs pièces de bois et planches assemblées. Le flotteur, toujours à droite, est construite dans un bois très léger. Il est relié à la coque par deux perches en bois extrêmement souples et solides. Le tout est habilement fixé par des cordages qui confèrent à l’ensemble une grande résistance tout en garantissant une certaine souplesse.

 

 

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