Régions

Maison centrale de Nosy Be – Des mineurs détenus avec des adultes

Les risques sont grands pour les jeunes délinquants obligés de cohabiter avec des criminels.

Des enfants sont exposés à la violence dans la maison centrale de Nosy Be. Cette prison serait celle qui a le plus d’enfants détenus avec des adultes à Madagascar.

Vingt garçons cohabitent avec des adultes dans la maison centrale de Nosy Be, à la date du 16 juin. Faute d’infrastructure, ces mineurs, des prévenus et des condamnés, ne sont pas séparés des adultes, contrairement aux normes internationales qui disent qu’il faut les séparer dans les prisons. Bien qu’ils dorment séparément, dans la cour de cette prison, ils sont en contact constamment. Gaëlle Morason, la chef d’établissement par intérim, affirme que les violences sexuelles n’existent pas dans son établissement. En revanche, elle avoue qu’à cause du sous-effectif des agents pénitentiaires, la surveillance des discussions entre les détenus s’avère difficile.
« Nous n’avons que treize agents pénitentiaires qui se divisent en deux brigades. Si les six travaillent aujourd’hui, les sept travailleront le lendemain. C’est pourquoi il est difficile de maîtriser les détenus. Ces adultes peuvent donner de mauvais conseils aux jeunes. Ils peuvent être des mauvais exemples pour eux », indique-t-elle, dimanche, dans le cadre de la célébration de la journée des enfants africains à Nosy Be.
C’est, justement, ce qui inquiète le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef).

Sans encadrement
« Heureusement, ils dorment séparément. Depuis des années, nous sommes surtout inquiets des mauvaises influences des criminels, d’autant que ce sont des adultes qui entourent les jeunes. Peut-être y a-t-il aussi des risques de violence à l’encontre des jeunes. Nous espérons qu’il y a assez d’encadrement le jour», indique Nicoletta Moodie, chef de la section Protection de l’enfant auprès de l’Unicef.
« Il faut des solutions plus appropriées car souvent, les enfants emprisonnés sont déjà vulnérables, étant issus de familles où il n’y a pas beaucoup d’encadrement », poursuit-elle.
Ces enfants sont, en général, incarcérés pour « coups et blessures volontaires », « meurtre ». Dans cette ville touristique, la délinquance juvénile gagnerait du terrain. « Les associations de malfaiteurs s’accroissent petit à petit, dans ce district. Certes, elles n’ont pas la même ampleur que le phénomène foroche à Antsiranana, mais elles existent chez nous », explique Gaëlle Morason. Des habitants de ce district dénoncent le manque d’encadrement des jeunes, expliquant ainsi la hausse de la délinquance. « Dans notre quartier, des groupes de jeunes qui commettent des délits. La plupart d’entre eux sont élevés par leurs mères célibataires et ne sont pas assez encadrés », signalent-ils.

 

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