Editorial

Confinement à géométrie variable

Rester chez soi. Est-ce la panacée, l’antidote imparable pour mettre sous l’éteignoir, mettre hors d’état nuire le Covid-19 ? Si, à en croire l’exploit chinois dans la ville de Wuhan, berceau de la pandémie, où les 16 millions d’âmes de cette agglomération de la province de Hubei ont été cloîtrées chez elles durant près de deux mois. Avec la sévérité des autorités en matière de respect de l’ordre établi, aucune concession, sans la moindre exception accordée à qui que ce soit, elles ont pu maîtriser la situation. Le sacrifice collectif a été récompensé.

Même si le nombre de décès du bilan officiel, pas plus de 3500 après une revue à la hausse, a fait jaser, par rapport à ce qui s’est passé en Italie, en Espagne, ou en France où le coronavirus a fauché la vie dans la fourchette de 25 000 à 30 000 personnes. Pourtant, les dirigeants de ces pays ont décidé de suivre l’exemple chinois. Avec un souci particulier à l’égard des libertés fondamentales, socles de la démocratie à l’occidentale.

Comme l’a si bien souligné Emmanuel Macron dans une interview qu’il a accordée au Journal du dimanche, JDD quand il a été invité à emboîter le pas des régimes dictatoriaux qui ont réussi à juguler la propagation du mal. C’est d’ailleurs l’utilité principale du confinement. Rompre la chaîne de contamination. Sans étouffer le coronavirus dans son cocon épineux. Au détriment des activités économiques, vouées aux gémonies. Avec une débâcle financière sous-jacente et sans précédent.

Par contre, en Suède, aucune mesure restrictive n’a été imposée. Mais le pays d’Alfred Nobel, d’Abba, ou de Bjorn Borg n’a pas connu l’hécatombe programmé. Une désinvolture qui n’a pas marché aux États-Unis de Donald Trump et du Brésil de Jair Bolsonaro où les cimetières refusent du monde.

Chez nous, le président de la République Andry Rajoelina, a cherché le juste milieu. Ne pas trop pénaliser l’économie globale, déjà mal en point, en essayant de limiter, autant que faire se peut, la multiplication du nombre de cas confirmés du coronavirus. Mais comme le consensus arrange tout le monde, sans convenir à personne, le contexte prête à réflexion. Par l’indiscipline des Malgaches, réticents à toute nouvelle réorganisation de la vie sociale, les directives présidentielles se heurtent à une résistance nocive, décourageante pour espérer gagner la guerre.

Aussi, des groupements d’opérateurs économiques, des politiciens comme le député de Toamasina-I, Roland Ratsiraka, ont signalé avec insistance les effets induits dévastateurs du confinement même partiel sur la vie au quotidien, compromettant l’avenir à court terme. Le second a revendiqué le déconfinement total. Mais l’avancée inquiétante du mal dans le Grand Port de l’Est et à Moramanga, avec des formes graves, a donné raison aux détracteurs de Roland Ratsiraka, désigné comme le torpilleur de la lutte anti-Covid-19.

Dans le temps additionnel de l’état d’urgence sanitaire, deux semaines supplémentaires, un sursaut d’orgueil de la part de tous est attendu. Pour que le pire ne soit à venir.

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