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Editorial

L’exception qui confine la règle

Suspense total. Sur le contenu de l’allocution ou… de l’allocation présidentielle à venir. Car la seconde quinzaine de confinement va bientôt arriver à son terme, frappée par sa date de péremption. Une période marquée par quelques faits majeurs. Dont la conviction du président de la République Andry Rajoelina, sur la possibilité de trouver un éventuel remède au coronavirus. Une détermination affichée qui a pris de court la communauté scientifique internationale. Certains spécialistes en la matière, virologies et épidémiologies, ont émis des réserves sur la faisabilité d’un tel exploit. Rien d’humiliant. Ni de déshonorant.

Même les prescriptions de l’ hydro-chloroquine prônées par l’éminent professeur Didier Raoult depuis sa bastion de Marseille, pourtant efficace selon ses dires pour arrêter le covid-19 de décimer de l’intérieur les organes de ses victimes, ont heurté à la réticence du Conseil scientifique français. Qui insiste sur des procédures précises et complexes pour pouvoir en déduire des conclusions définitives sur ces comprimés antipaludéens.

La venue surprise d’Emmanuel Macron chez lui, aura été une simple victoire d’estime. Sans trop changer les positions tranchées des pros et anti-Didier Raoult. Une consultation présidentielle pour en savoir davantage sur le « remède miracle ».

En attendant que ces illustres initiés hexagonaux arrivent à s’entendre sur le traitement du coronavirus, les Malgaches vivant dans les régions touchées par le virus corona, eux, s’impatientent de savoir quelle sera la suite du programme.

Comment les dirigeants doivent-ils procéder pour faire avaler la grosse couleuvre ? Car les choix sont aussi compliqués à appliquer les uns que les autres. D’abord, poursuivre le confinement partiel, déjà peu respecté dans ses composantes, va tuer à petit feu une économie globale déjà au bord de l’asphyxie. Les nombreux acteurs du secteur informel, eux aussi, commencent à ne plus supporter d’être privés de leur maigre gagne-pain de tous les jours. Beaucoup haussent peu à peu le ton.

Puis, lâcher les brides des mesures restrictives pour permettre la relance de la machine économique, grippée depuis un mois, expose tout le monde à un risque de contamination à grande échelle. Des morts à la pelle seraient à craindre. À moins de trouver la parade infaillible : le thérapeutique pour tous les porteurs du virus. Asymptomatiques ou pas. Un scénario difficile à imaginer. Donc pas facile à réaliser.

Enfin, une alternative à ces deux options extrêmes. Le salut du peuple malgache peut venir de la solution médiane avancée par le jeune Premier ministre ou Chancelier fédéral autrichien, Sebastian Kurz. Scellée sous deux principes fondamentaux. « Autant de libertés possibles, autant de contraintes nécessaires ». Si le nombre des cas confirmés tend à la hausse, prévient-il, les mesures strictes pour couper la chaîne de contagion peut-être aussitôt réactivées. L’Autriche est parmi les pays européens épargnés par la furie du covid-19. Aucun schéma standard n’existe pas. Mais cet exercice d’équilibre venu d’ailleurs mérite d’être étudié.

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