Editorial

Assas…Sénat

Démocratie manivelle. C’est la règle qui prévaut au Sénat en particulier et dans l’univers politique en général. Une alternance aux allures démocratiques s’accompagne toujours d’une impitoyable chasse aux sorcières qui frappe tous les grands commis de l’État sans distinction et sans discernement. Toutes les sphères du pouvoir font l’objet d’un coup de Karcher pour se débarrasser de toutes les crasses les plus tenaces.
C’est exactement ce qui arrive au président du Sénat, Rivo Rakotovao. Installé à la tête de la Chambre haute en décembre 2017, en remplacement de Honoré Rakotomanana, choisi par le HVM en raison de son âge avancé qui limiterait sa soif de pouvoir, mais finalement jugé dangereux pour hériter de la présidence quand l’ancien président

Hery Rajaonarimampianina devait démissionner trois mois avant la présidentielle.
C’était donc le calcul et les membres du Sénat à majorité HVM, l’ont fait comprendre à Honoré Rakotomanana. Il n’était plus l’homme de la situation et a du se soumettre au diktat de la majorité avec la philosophie d’un impuissant face à un rouleau compresseur. Aujourd’hui il doit rire sous cape devant l’assas…Sénat dont son successeur est victime. Pour lui, sa destitution était plus ou moins normale étant donné qu’il est affidé à l’Arema et n’a jamais renié son appartenance politique. Le choix porté sur lui était donc dicté par une prudence cauteleuse dans un sordide calcul politique.

En revanche pour Rivo Rakotovao, ce sont les sénateurs de son propre parti qui manigancent sa sortie. C’est lamentable et ignoble quelle qu’en soit la raison. Çà ne peut se justifier et c’est tout simplement inacceptable. C’est peut être la rançon d’un maintien du Sénat dont la suppression était annoncée par le Président Andry Rajoelina durant la campagne électorale de la présidentielle au lendemain de sa prise de pouvoir. Les sénateurs HVM tiennent donc à leur strapontin et veulent finir leur mandat jusqu’en 2020. Un an de solde, cela fait tout de même un sacré pactole. Quand on sait que pour les députés dont le mandat est terminé depuis quelques mois, la traversée du désert se ressent déjà.

Rivo Rakotovao ne peut que s’en mordre les doigts d’avoir mis sa confiance à des sénateurs véreux dont certains ont été nommés par l’ancien président de la République. Parmi eux figurent même les parlementaires les plus virulents au moment où l’ancien président était menacé par une destitution. C’est avec la même virulence qu’ils réclament aujourd’hui le départ de leur secrétaire général. On croyait le Sénat à l’abri des histoires de corruption à répétition qui ont éclaboussé les sessions à Tsimbazaza, que nenni. On vit exactement le contraire.

Cette trahison était déjà pressentie lors de la dernière session parlementaire où le Sénat a voté les yeux fermés, à l’image de l’Assemblee nationale à majorité Mapar, les derniers projets de loi, en particulier la loi de finances votée et adoptée sans amendement.

Pour pouvoir scalper Rivo Rakotovao, les sénateurs réclament la tenue d’une session spéciale le plus tôt possible. Ce qu’il pourrait bien obtenir du président de la République, lequel y trouve bien son compte, par voie d’ordonnance. Jusqu’ici, il n’en a pas usé. Il a maintenant une belle occasion de l’étrenner.

On n’ose pas imaginer que ces sénateurs HVM vont tous goûter à l’orangeade même si c’est une éventualité très probable. Beaucoup de députés HVM ayant été les acteurs de la distribution de liasses à l’hôtel Paon d’or avant l’adoption de la loi électorale en 2018, ont vite déguerpi et sont aujourd’hui les membres les plus adulés du Mapar, blanchis et absous.

Comme certains membres HVM ne sont pas à l’abri de poursuites judiciaires et d’arrestations pour corruption et détournement de fonds, il faut prendre des précautions et un bouclier. C’est ainsi que les membres du HVM candidats aux législatives ont préféré s’aligner sous l’étiquette indépendant. Gouverner c’est bien prévoir.

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  • RIVO MAINTY comme on le prénomme dans certains cercles de sa jeunesse est le premier conspirateur du régime corrompu et népotique Rajaonarimampianina  » nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude  » . Rien qu’à voir un voyou comme Riana Andriamandavy qui n’est pas toujours en prison en première ligne derrière ce complot , on ne peut qu’éprouver une antipathie profonde .Reste maintenant aux sénateurs de la sensibilité politique du régime actuel de faire preuve d’éthique sans faille .