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Affaire Raoul Rabekoto – Quatre personnes devant la barre pour complicité d’évasion

L'affaire sur la fuite de Raoul Rabekoto est traitée au Tribunal de première instance d'Antananarivo. 

Les déplacements de Raoul Rabekoto, ancien directeur général de la CNaPS ont été retracés jusqu’à sa sortie du territoire. Quatre personnes sont traduites devant la justice pour l’avoir aidé dans sa fuite.

Poursuivis pour complicité d’évasion et facilitation de la fuite de l’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale, Raoul Rabekoto, son gendre, le chauffeur qui aurait conduit la voiture de location ainsi que deux autres personnes qui auraient piloté le bateau à moteur depuis Nosy Be jusqu’à la côte Mahoraise ont été convoqués devant la barre.

Ces quatre personnes ont été arrêtées après l’alerte sur la sortie clandestine de Raoul Rabekoto au large de Nosy Be. Hier, s’est déroulé dans la salle d’audience numéro 3 du Tribunal de première instance d’Antana­narivo le procès des prévenus.

Les quatre personnes ont rejeté les chefs d’inculpation qui pèsent sur leur dossier. Le gendre de Raoul Rabekoto, accusé d’avoir facilité la fuite de son beau-père à l’extérieur de la Grande île, a répondu au juge « j’ai travaillé à Nosy Be. Mon beau père est venu là-bas. Il m’a dit de rester avec lui. J’ai accepté. J’étais toujours à ses côtés pour lui tenir compagnie ».

L’enquête a révélé que Raoul Rabekoto avait pris la RN6 pour rejoindre l’île aux Parfums. Son plan était d’embarquer à Nosy Be.

Demande de renvoi

Après un problème qu’il aurait rencontré en route, son gendre lui aurait porté secours pour qu’il puisse poursuivre sa route jusqu’à Ambanja.

Une voiture de location a été affrétée pour arriver à destination. En termes d’instruction, le chauffeur de la voiture est impliqué dans l’affaire. Ce dernier a expliqué devant la Justice « je n’étais pas au courant de la situation du passager ».

D’après toujours le procès, une fois Raoul Rabekoto arrivé à Nosy Be, son gendre et lui ont embarqué à bord d’un bateau à moteur pour rejoindre Mayotte avec deux conducteurs. Ces deux personnes qui ont loué le bateau au service de la personne recherchée ont été également convoquées au tribunal. Elles ont affirmé « ne rien connaître sur cette affaire ».

Cependant, le procureur de la République a insisté vouloir découvrir la vérité sur la version de ces deux prévenus. Dans sa plaidoirie, le ministère publique a souligné que « vous n’avez pas intérêt à dissimuler la vérité à la Justice ».

À la lecture des points soulevés durant le procès, hier, Raoul Rabekoto a réussi à quitter le territoire national par voie maritime. La sortie par voie aérienne était impossible du fait que son gendre a soutenu que « toute la négociation » avait été faite par son beau-père et il n’a fait que « suivre ce qu’on lui a recommandé de faire ».

La position du gendre, dans ce cas, est protégée par le Code pénal, selon Maitre Willy Razafinjatovo en appuyant sur le principe de l’excuse absolutoire.

Alors que les regards s’étaient braqués sur les responsables des frontières aériennes à Nosy Be soupçonnés d’avoir laissé passer facilement une personne déjà sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire et fortement recherchée par la Justice, l’hypothèse se focalise désormais sur l’option de la fuite par bateau à moteur jusqu’à Mayotte.

Dans cette affaire de la fuite de Raoul Rabekoto, le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) est la partie demanderesse. Aucun représentant de cette Insti­tution n’était présent au procès, hier. Les trois avocats qui collaborent pour défendre les causes des inculpés ont chacun demandé le renvoi des fins de poursuite. Après la comparution des prévenus, le verdict sera prononcé le 24 mars.