Accueil » A la une » Tarif de la JIRAMA – La Banque mondiale conteste le retour en arrière
A la une Economie

Tarif de la JIRAMA – La Banque mondiale conteste le retour en arrière

Les dirigeants de la Jirama lors de la présentation du tarif OPTIMA.

Une lettre de la Banque mondiale qui a fuité, hier, a fait l’effet d’une bombe. L’institution financière y remet en cause le rétropédalage sur l’application du nouveau mode de tarification de la jirama.

Un pavé dans la mare. Une lettre signée par le directeur pays de la Banque mondiale a circulé sur les réseaux sociaux, hier. Une missive adressée aux autorités qui affirme les réserves de l’institution de Bretton Woods quant à la décision étatique de botter en touche le nouveau mode de tarification de la Jirama, baptisé OPTIMA.

« Le fait que la lettre soit signée par le directeur pays témoigne de l’importance du sujet », confie une source avisée. La missive signée par Idah Pswarayi-Riddihough, directeur pays de la Banque mondiale chargé de Madagascar, entre autres, soutient que l’abandon de la réforme du mode de tarification de la Jirama, pourrait compromettre le décaissement d’une aide budgétaire d’urgence dans le cadre de riposte à la Covid-19, et les négociations sur un projet visant, notamment, à booster le secteur énergétique.

La lettre qui a fuité, hier, découle d’une insatisfaction quant à un desideratum fait à la Jirama. Lors d’une réunion virtuelle, le 26 janvier, la Banque a demandé à la société énergétique nationale de lui fournir « une communication par lettre officielle », des options propices aux ajustements temporaires qu’implique la suspension de l’application du tarif OPTIMA. Elle a, également, requis une « analyse détaillée », des impacts financiers des rectifications des factures voulues par la décision.

En réponse, toutefois, selon la lettre de la Banque, la Jirama, le 4 février, a juste « communiqué des ajustements temporaires très conséquents par simple e-mail, mettant la Banque devant des faits accomplis, sans spécifier ni la durée des mesures temporaires, ni leur impact financier ».

Non négociable

Si les ajustements communiqués par mail par la Jirama sont appliqués tels quels, « ils mèneront inévitablement (…) à la déchéance », de l’accord sur l’aide budgétaire d’urgence, et « contraindront à annuler », la présen­- tation du projet d’appui au secteur énergétique, au conseil d’administration de la Banque. Ceci au motif que le gouvernement serait « non performant par rapport à ses obligations », car il y aurait « violation significative des actions préalables de l’aide budgétaire d’urgence ».

À hauteur de 75 millions de dollars, le programme d’aide budgétaire n’attend plus que l’adoption d’une loi de ratification par le Parlement. Baptisé PFOR-R le programme énergétique se chiffre à la 400 millions de dollars. Les travaux préliminaires y afférent ont démarré avant la pandémie. Dans les deux cas, la mise en œuvre d’une nouvelle structure tarifaire de la Jirama est un préalable requis.

L’application du tarif OPTIMA, en début d’année, a causé une hausse exponentielle des facteurs d’une grande partie des usagers. Révoltés, les réactions de ces derniers ont été virulentes. Une source de grogne sociale qui a encore plus crispé une conjoncture socio-économique alourdie par les conséquences de la crise sanitaire. Le conseil des ministres du 20 janvier, a alors demandé à la Jirama d’aligner ses tarifs au pouvoir d’achat des ménages. Que la nouvelle grille tarifaire devait être près dans les 48 heures.

Une source proche de la partie malgache indique que le gouvernement répondra incessamment, de manière officielle à la lettre de la Banque mondiale. Elle ajoute, toutefois, que l’État ne transi­gera quant à sa position sur la question. « Madagascar est un pays souverain. La décision du conseil des ministres n’a pas à être soumise à une autre entité avant son exécution », soutient-elle.

Martelant la souveraineté nationale, la source renchérit, « la Banque mondiale n’a pas à se placer au dessus du conseil des ministres qui est l’organe suprême de décision dans le pays. La décision de ne pas appliquer le tarif OPTIMA qui a eu pour effet une hausse des factures à supporter par les usagers, n’a pas à obtenir au préalable un avis favorable de la Banque ». Sur sa lancée, elle met en avant la priorisation de l’intérêt de la population et ajoute, « il est hors de question d’augmenter les tarifs de la Jirama. Les consommateurs sont déjà en grande difficulté à cause de la crise sanitaire ». Il s’agirait d’une clause « non négociable ».

2 commentaires

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • Madagascar est un Etat soouverain, personne n’en disconvient mais « pleurer » pour des aides et dons auprès des bailleurs internationaux à chaque fois qu’un projet, il y a comme un probleme !
    On peut être souverain mais pas indépendant…..particulièrement sur le plan financier.
    normal! comme tout banque qui prête exige des conditions…..c’est pareil pour un particulier !

  • L’Institution dévoile son vrai visage. Le financement des privatisations fait partie intégrante de son « business model » partout où elle intervient, on prête en parfaite connaissance des risques, puis on assujettit. La Jirama n’en sera pas exempte.

Voir aussi