Sport

Toky Ranaivo – « Il faut nous appuyer financièrement »

Champion d’Afrique par équipes avec Sampras Rakoton­drainibe, Toky Ranaivo rappelle que le tennis de haut niveau nécessite un engagement financier. Il tend la main à l’État pour l’aider dans ses ambitions tennistiques.

Vous êtes champion d’Afrique. Qu’est ce que cela signifie ?
Cela signifie simplement que tout est possible dans le sport. Avec une bonne mentalité, de la persévérance dans les efforts mais aussi beaucoup de travail, on peut réussir à faire quelque chose. C’est aussi beaucoup de satisfaction qui donne de l’énergie pour donner encore un peu plus dans le tennis.

Vous n’étiez pas favoris du tout durant le championnat d’Afrique et vous étiez seuls. Comment avez-vous géré tout cela ?
On était toujours positif depuis les premiers jours à Pretoria jusqu’à la fin du séjour. Ce n’était pas très évident sans entraîneur mais entre Sampras Rakoton­drainibe et moi, on a toujours eu une certaine com­plicité. Du coup on communiquait beaucoup entre nous durant les matches et même en dehors. Tout le monde voulait nous battre en sachant que nous n’avions pas d’entraîneur… mais nous avons tenu bon et avons fini par gagner.

Qu’est ce qui a été le plus dur, jouer contre l’Afrique du Sud ou la Côte d’Ivoire ?
Jouer l’Afrique du Sud était le plus difficile pour nous. Sampras avait perdu le premier simple, du coup, je devais gagner contre Khololwam Montsi, cham­pion d’Afrique U18 pour égaliser. J’ai tenu bon et j’ai gagné. Après dans le double, décisif, c’était assez difficile aussi car nous étions fatigués. Nos adversaires étaient plus frais physiquement. Ils ont fait jouer le joueur numéro trois avec Devin Badenhorst mais une fois encore, nous nous sommes surpassés pour gagner et aller en finale contre la Côte d’Ivoire. C’était le schéma inverse après, Sampras a gagné contre Myko Kouame et j’ai perdu devant Eliakim Coulibaly. C’est dans un ultime effort en double que nous avons fait la différence.

Comment s’annonce la suite de la saison 2020 ?
Je vais jouer de plus gros tournois pour pouvoir rentrer dans le top 100. Dans ce sens, je dois jouer les meilleurs joueurs mondiaux qui évoluent en grand chelem. Le plus difficile reste à faire et il va falloir fournir davantage d’effort. Je rentre à Casablanca et au mois de mars je jouerai un tournoi grade du circuit mondial junior. Sampras, quant à lui, retournera au centre d’entraînement de la Fédération internationale de tennis de Nairobi. Il jouera des tournois ITF U18 et tentera d’améliorer son classement à la fin de cette année.

Quel est votre message pour la population malgache, pour l’État, pour les sportifs malgaches ?
D’abord je dirai aux sportifs malgaches de ne pas trop se plaindre même si les choses se passent mal et garder une certaine motivation en travaillant dur. Nous espèrons que l’État va commencer à nous aider financièrement pour pouvoir montrer les couleurs de Madagascar partout dans le monde. S’engager dans le tennis de haut niveau demande un moyen financier conséquent. C’est de cette façon que nous atteindrons nos objectifs dans la pratique du tennis, un sport que nous aimons tant.