A la une Faits divers Régions

Ambilobe – Émeute après le meurtre d’une femme enceinte

La  ville  d’Ambilobe  est  au  bord  du  clash  depuis avant-hier

La population veut se faire justice. Elle est très en colère et indignée à cause d’un assassinat horrible perpétré par un individu récidiviste.

La foule a brûlé la voiture du chef de district d’Ambilobe sous prétexte que celui-ci lui a menti. Deux véhicules et une moto stationnés dans la cour du commissariat de police local ont subi le même sort, car les forces de l’ordre ont protégé un criminel et l’ont exfiltré vers Ambanja afin de le soustraire à la vindicte populaire. Ces évènements se sont déroulés en l’espace de vingt-quatre heures à Ambilobe.

Selon les informations recueillies, une femme enceinte est portée disparue depuis plus d’une semaine. À la suite de recherches intenses, sa dépouille mortelle a été retrouvée, avant-hier, dans la commune rurale d’Antsaravibe.

« Son ou ses assassins ont coupé ses mains, l’ont étripé pour extraire certains organes et le fœtus. Ils ont même pelé la peau du visage de la malheureuse », a relaté Solondady Pierrot Ramasy, chef de district.

Grenades lacrymogènes

L’arrestation du présumé assassin, par ailleurs multirécidiviste, a viré à une émeute car la population semble ne plus avoir confiance en la police. De fait, l’adjoint du commissaire a été la première cible, étant celui qui a diligenté l’enquête. Il a été ligoté et allait être jeté dans le fleuve Mahavavy depuis le pont à l’entrée de la ville d’Ambilobe. Il a été tiré de cette situation délicate grâce à la médiation de la gendarmerie locale.

Le chef de district a alors dû proposer ses bons offices en promettant de ramener l’individu à Ambilobe. Malheureusement, sa voiture est tombée en panne avant le pont. Incident que la foule en colère a interprété comme un geste de mauvaise volonté. Une fois son propriétaire tiré hors du véhicule, celui-ci a été brûlé.

Comme l’échauffourée a pris une tournure dangereuse, la police a été obligée de faire venir d’autres éléments de renfort depuis Ambanja. Hier matin, des grenades lacrymogènes ont été utilisées pour disperser les attroupements, en particulier ceux qui voulaient profiter de la situation et ceux qui avaient l’intention d’incendier le commissariat.

Selon les explications du directeur régional de la Sécurité publique, Christian Tombohasy, les forces de l’ordre ont dû sécuriser la ville, démolir les barrages érigés par quelques individus, et arrêter les fauteurs de troubles. « Quarante personnes ont été appréhendées pour infraction aux lois en vigueur, dont l’attaque du commissariat », a-t-il précisé, tout en démentant la rumeur selon laquelle la police aurait fait usage de leurs armes à feu.

Des autorités régionales conduites par le Préfet d’Antsiranana, Adele Rabemamory, sont déjà arrivées à Ambilobe. Elles ont présenté les condoléances à la famille de la défunte, dont l’inhumation aura lieu ce jour. Le Premier ministre Christian Ntsay se déplacerait également à Ambilobe, car l’affaire semble grave.