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Editorial

Karaté bien ordonné

Comme il fallait s’y attendre, l’Union des fédérations africaines de karaté ( UFAK) vient de suspendre les deux fédérations de karaté de Madagascar. La première dirigée par Sensei Solofo Barijaona Andrianavomanana légalement élue depuis 2002 et la seconde soutenue par le ministère de la Jeunesse et des sports, présidée par Emile Ratefinanahary. La sanction est claire, Madagascar est interdit de compétition organisée sous l’egide de l’UFAK jusqu’à ce que la situation se régularise. Au dernier championnat d’Afrique à Durban, seuls les combattants emmenés par Sensei Solofo Barijaona Andrianavomanana ont été autorisés par l’UFAK à monter sur le tatami.
On a donc eu ce que le MJS cherchait. Il n’y pas que la FIFA qui sanctionne les interventions de l’État dans la gestion des fédérations. Le principe est le même pour toutes les fédérations internatio­nales mais c’est la rigueur dans l’application des règles qui varie d’une fédération à l’autre.
Du coup l’épreuve de karaté aux Jeux des îles 2023 est compromise. Sans fédération, il n’y aura pas de compétition. C’est dommage pour les combattants qui ont fait leurs preuves dans les compétitions internationales à l’image du dernier championnat d’Afrique où ils ont ramené deux médailles de bronze. Il faut dire que le niveau du karaté africain est assez élevé. Le karaté malgache avait laissé bouche bée tout le continent lors des Jeux africains 1999 à Johannesburg où ils ont raflé plusieurs médailles d’or au nez et à la barbe des Sud-africains et Égyptiens. La victoire de Miora en kata avait été unanimement saluée par les observateurs.
Quel est l’objectif du MJS dont la position est sans équivoque dans ce méli-mélo ? La longévité d’un président à la tête d’une fédération est-elle un crime s’il fait ses preuves ? C’est aussi le cas de Malagasy Rugby dont le président Marcel Rakotomalala fait l’objet de manœuvres insidieuses d’Ambohijatovo. Jusqu’à preuve du contraire meilleurs résultats du rugby ont été réalisés sous l’ère Marcel Rakotomalala.
Si le MJS veut se débarrasser de ces deux présidents, il n’a qu’à faire les choses dans les règles de l’art, y mettre les formes au lieu de passer par les putschs lesquels sont toujours sanctionnés.
Quelle décision va prendre le MJS après ce couperet de l’UFAK. Une chose est sûre, le karaté commence par le respect et finit par le respect. Autrement dit, karaté bien ordonné commence par soi-même.

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