Editorial

L’huile au trésor

Les drames sociaux se suivent et se ressemblent. Aux incendies dévastateurs et parfois meurtriers se relaient les intoxications alimentaires, les noyades, les viols, les meurtres d’une cruauté inouïe. D’habitude les principales victimes viennent des couches les plus défavorisées par pauvreté, par ignorance, par négligence, par manque d’éducation. Mais hier c’est toute une école qui a failli y passer pour avoir consommé de l’huile dont la marque, ironie du sort, est pour le moins charmeur, Trésor. L’enquête est en cours si Trésor est vraiment le coupable dans cette intoxication alimentaire dont le bilan aurait pu être très lourd si les soins avaient tardé.

Ce drame interpelle quant à la qualité des produits alimentaires qu’on importe. La libre concurrence, le marché libéral imposé par la démocratie et la mondialisation conduisent souvent à des situations catastrophiques. Le contrôle laisse à désirer sinon impossible étant donné la quantité des produits qui entrent par millier de conteneurs aux ports. Les consommateurs sont ainsi exposés à tous les aléas de cette situation. Outre les produits périmés que l’on brûle par intermittence quand les entités responsables sentent le besoin de se faire voir, il y a certaines marchandes qui sont tout simplement impropres à la consommation. On avait servi dans les années du socialisme des brisures de riz pour l’alimentation animale. Il y a toujours de la farine qui contient du sarrasin, substance hallucinogène, en vente sur le marché et qu’on ne peut pas détecter parmi les centaines de marque sur les étals.

La vulnérabilité des mesures de contrôle constitue un danger permanent pour les consommateurs. Pauvreté étant, on se rue vers les produits les moins chers qu’il s’agisse de l’huile de ricin, de raisin, d’huile essentielle, d’huile moteur.. Pire, le consommateur prend tous les risques quand l’huile enrobe le beignet et masque son origine. Autant il n’y a peu ou prou de contrôle à l’importation, autant il n’y a aucune garantie de qualité et de salubrité dans les gargotes et les street food. Il est d’ailleurs étonnant que les intoxications alimentaires et les maladies contagieuses comme les hépatites n’atteignent pas une ampleur que cette absence totale de norme sanitaire devrait générer.

Ce qui est certain c’est qu’il ne s’agit pas de la dernière intoxication alimentaire qu’on aura à signaler. Le pire reste à venir à l’allure où vont la gabegie et la saleté.

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