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REFONTE DE LA LISTE ÉLECTORALE – Le recensement des électeurs piétine

Les agents recenseurs sont à pied d’oeuvre dans certains quartiers et invisibles dans d’autres.

A mi-parcours des trois mois prévus pour le recensement des électeurs, pour la refonte de la liste électorale, les chiffres laissent dubitatifs. Jusqu’ici, seulement un peu plus de 14% des treize millions d’électeurs escomptés sont enregistrés.

Nous sommes encore loin du compte. C’est peu de le dire. Un mois et demi après le début du recensement des électeurs, et à un mois et demi de l’échéance de cette période de recensement, le bilan n’est pas encourageant. Selon les chiffres enregistrés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), en début de semaine, seulement 14% de l’objectif de treize millions d’électeurs sont recensés.

Certes, il y a encore des documents de recensement qui attendent d’être enregistrés dans les bases de données de la CENI. Seulement, à un mois et demi de la fin de la période de recensement des électeurs, ce chiffre est inquiétant. Soava Andriama­rotafika, rapporteur général de Commission électorale, reconnaît justement que ce chiffre “est bas”. Le rapporteur général reste néanmoins optimiste, avançant quelques statistiques régionales. Selon ses dires, dans le district de Betafo, par exemple, le nombre d’électeurs recensés est à 42% des objectifs affichés. “Dans d’autres districts, nous sommes à 45%”, affirme le commissaire électoral.

“À Antananarivo et ses environs, le taux d’électeurs recensés et enregistrés dans les bases de données de la CENI avoisine les 30%”, ajoute-t-il. Le bilan des activités de recensement au niveau national n’est cependant pas rassurant, bien qu’il y ait un bon notable par rapport aux 3% enregistrés, toujours au niveau national, au début du mois. Soava Andriamaro­tafika avance comme première explication à cette situation le décalage du démarrage du recensement dans trois régions.

Un décalage de timing en raison du matériel nécessaire aux opérations de recensement. “Pourtant, même dans ces trois régions, le recensement des électeurs avance à grand pas”, affirme-t-il. Le chronogramme de la refonte de la liste électorale prévoit trois mois pour le recensement des électeurs. Une étape qui a commencé au début du mois d’octobre et qui sera clôturée à la fin du mois de décembre. Ce recensement des électeurs est, en principe, le socle de la fiabilité de la liste électorale. L’ambition affirmée par la CENI est de solutionner en amont les problèmes de doublons, les coquilles et la question de l’exhaustivité. Les faits sur terrain motivent des réserves, toutefois.

Crise de confiance

Devant la presse, hier, des membres de la plateforme de la société civile (OSC), ROHY, ont justement affirmé leur regret quant à la tiédeur du recensement des électeurs. Cette entité note particulièrement la non effectivité du maillage du territoire par les agents recenseurs.

Dans la capitale et ses environs, il y a des quartiers où les agents recenseurs sont très actifs. Comme à Soavimasoandro et Ivandry, par exemple, les portes-à-portes se font même le dimanche pour le recensement des salariés qui sont absents durant la semaine. Ce n’est pas le cas partout, cependant. Dans un Fokontany du côté d’Ampitatafika, les habitants ont été conviés au bureau du Fokontany pour le recensement électoral.

À Amboanjobe, un chef de famille s’étonne de ne pas avoir encore vu d’agent recenseur, jusqu’à l’heure. Comme souligné par ROHY, la CENI a annoncé qu’il mise sur les portes-à-portes par les agents pour le recensement électoral. À un mois et demi de la fin de la période de recensement électoral, la CENI est dans l’obligation de mettre les bouchés doubles pour atteindre l’objectif de treize millions d’électeurs inscrits.

Selon Soava Andriamarota­fika, elle compte dans les prochains jours activer le recensement des travailleurs sur leur lieu de travail. Il y a les travailleurs informels à prendre en compte aussi. À l’allure où vont les choses, l’option d’une prolongation du délai de trois mois pourrait être levée. “Dans les grandes villes, il y a des opérations de mobilisation citoyenne, deux fois par semaine, dans les Fokontany. Et contrairement aux perceptions, les agents recenseurs travaillent dur”, défend le rapporteur général de la CENI. A entendre Soava Andriamarotafika, toutefois, le plus grand défi de la Commission électorale est de briser la crise de confiance avec les citoyens. Des appréhensions qui impactent grandement le recensement électoral.

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