Culture

Spectacle – « Gasy efatra » impressionne avec « Mamelomaso »

Fusion de la musique moderne et de la musique traditionnelle. Quatre musiciens ont réuni leurs talents pour présenter dans les Alliances françaises un projet culturel, dénommé « Mamelomaso », concocté pendant deux mois de résidence.

Ils sont quatre, ils sont issus d’horizons divers, mais ils sont tous animés par la même passion qu’est la musique. Ils pratiquent également différents styles musicaux mais ils sont unis dans la diversité. Rôla Gamana, Tiana Rainitelo, Monja Manintsindava et Dô Be allient talents et savoir-faire sur un projet culturel.

Complémentaires, ils forment les quatre piliers d’un dessin artistique des plus prometteurs et ils ont créé le projet « Mamelomaso », il y a huit mois, à l’initiative de leur leader Rôla Gamana, poly instrumentiste et adepte du style néo-roots. Grand passionné de la nature, il n’hésite pas à utiliser les matériaux naturels dans la fabrication de ses instruments, comme le « jejy voatavo », le « marovany », le « lokanga gasy », le « sodina», ou le « kirintsana ». À lui tout seul, Rôla Gamana combine le salegy, le tsapiky, la vakodrazana, le bà gasy, et le basesa pour un style musical tout à fait impressionnant.

Au bout de deux mois de dur labeur, en résidence à l’Alliance française d’Antananarivo, les « Gasy efatra » ont réussi à façonner le projet « Mamelomaso ». Un spectacle musical constitué d’une fusion traditionnelle au rythme
ethnique et de beat box humain.

Ce spectacle est en tournée dans toutes les Alliances françaises de la Grande île. Ainsi, vendredi 11 octobre, c’était le tour de celle d’Antsiranana de les accueillir dans le cadre du plus grand et célèbre festival des arts urbains de la capitale du Nord, dénommé « Stritarty ». Cet évènement en était à sa quatrième édition et les « Gasy efatra » y ont contribué en présentant leur projet «Mamelomaso » au public antsirananais. C’était lors d’une soirée « sound system » et « open mic » au Jardin tropical de la ville, un endroit historique aménagé par l’Alliance française, situé dans le quartier de la Place Kabary.

Ce fut un spectacle très enrichissant pour les Antsiranais. Une représentation musicale, du jamais vu, remplie de passion et d’amour pour la culture urbaine et traditionnelle.

Beat box, cordes d’aciers, cordes vocales et percussions traditionnelles fusionnés ont réussi à faire vibrer les corps et à éveiller les consciences autant chez les jeunes que chez les personnes âgées présents au Jardin tropical.
Les jeunes danseurs du Stritarty ont lancé la « Hype », comme ils le disent dans le milieu du hip hop, et ont encouragé le public à s’élancer sur la piste de danse. Jeunes, vieux, Malgaches et vazaha n’ont pas attendu une minute de plus et ont tout de suite suivi le rythme donné par Dô Be, un nom pas encore très connu du grand public surtout dans l’univers urbain.

Deux mondes

Spécialiste du beat box, du rap et du beat making, Dô Be est une légende auprès de la jeunesse. Armé d’un simple micro, il appose son style musical à sa manière et constitue une interface entre la musique traditionnelle et la musique électronique. Il est accompagné par Tiana Rainitelo, un guitariste de premier ordre, mais aussi un grand percussionniste très connu dans son milieu. Lui aussi est un passionné de la danse malgache dont il s’est inspiré auprès des meilleurs du genre artistique. Grâce à ces deux mondes, il allie le style traditionnel et la modernité dans le projet.

Quant à Monja Manintsindava, il est à la fois artiste et gardien de la culture antandroy. Il est et restera toujours un fervent traditionnaliste. On le constate dans ses habits et ses instruments du grand Sud, tels que le marovany, le jejy lava et le lokanga. Avec ses compétences instrumentales, il apportera une petite touche ethnique à Mamelomaso. Lors de ce spectacle nocturne, Monja n’a pas hésité à se lever et a aussi tôt montré ses talents de « show man » en se lançant dans une interprétation de la danse traditionnelle Antandroy.

« Vous voir ainsi confirme ce que nous voulons transmettre à travers Mamelomaso. Il s’agit exactement d’un retour à la nature, de l’unification des personnes via la musique, de l’évolution de la jeunesse malgache et d’une invitation à la prise de responsabilité au sein de la société », a ajouté Rôla Gamana.