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Farafangana – Quatre cents personnes incendient les locaux de la Jirama

Plus que lasse des délestages quasi ambiants, la population de Farafangana a mis le feu au siège de la Jirama à Farafangana. Deux gendarmes sont blessés et un regain de violence est à craindre.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Des émeutes ont embrasé la ville de Fara­fangana, dans la nuit de samedi à dimanche. Des délestages à n’en plus finir ont mis le feu aux poudres. Assailli par près de 400 habitants en état d’énervement total, dans la soirée d’avant-hier, aux alentours de 20h 30, le siège de la compagnie nationale de l’eau et de l’électricité (Jirama), implanté au cœur de la ville, derrière la place du marché et à proximité de la brigade territoriale de la gendarmerie, a été incendié.
Cette cohue de vandales s’est abattue sur les locaux administratifs, dont ceux abritant le guichet ainsi que le service client. Les assail­lants, en revanche, ont épargné le magasin de stockage, ainsi que la résidence du directeur régional de la Jirama, se trouvant dans la même enceinte. Fort heureusement, la centrale thermique basée en périphérie, dans la localité de Vohiposa, a elle aussi échappé à cette cohorte
d’individus enragés.
«Les effectifs disponibles ont été déployés de toute urgence, dès que ces scènes d’émeutes ont éclaté. Nous avons fait des tirs en l’air, pour essayer de disperser la foule, mais il était difficile de prendre le contrôle de la situation. Dans un premier temps, il a, de ce fait, fallu cesser le feu, de manière à éviter de faire des victimes », confie le commandant  de la compagnie territoriale de la gendarmerie à Farafangana. Les éléments venus à la rescousse ont, en revanche, essuyé des déluges de galets, blessant deux gendarmes.
Pillages
Après un court repli stratégique, les forces de l’ordre sont revenues à la charge, en utilisant du matériel antiémeute.
« L’usage de gaz lacrymogène était nécessaire. Aux alentours de 21h 30, la masse humaine qui avait assiégé le Jirama s’est dispersée petit-à-petit. Vers 23h30, la situation était sous contrôle. Deux suspects ont été, dans la foulée, arrêtés », enchaîne le commandant de compagnie.
Avant que cette violence ne secoue le chef lieu de district de Farafangana, une vive tension planait dès le début de soirée. Vers 18h30, des habitants se chiffrant par centaines, se sont insurgés contre les interminables coupures  d’électricité.
« Des fois, ces délestages s’étalent sur 24 heures. Et puis, lorsque l’électricité est enfin rétablie, elle est coupée au bout de deux ou quatre heures à peine. Qui plus est, la Jirama ne se donne même pas la peine de nous prévenir », fulmine Tata Manjakavelo, habitant d’Ambalakininina Mahafasy.
Cette houleuse manifestation, qui a provoqué un séisme à Farafangana, semble avoir été coordonnée. Vers 18h 30, des usagers en furie, ont commencé à s’attrouper sur deux fronts.
Alors que des habitants manifestaient leur colère dans les rues d’Ambala­kininina Mahafasy, des badauds se chiffrant par centaine, ont entre-temps formé une autre tête de front à l’entrée du Sud de la ville, à Amboanio.
Une heure et demie plus tard, après avoir fusionné, la double horde d’insurgés, a pris en tenaille l’enceinte de la Jirama, comme si elle n’obéissait qu’à un signal. Les assaillants avaient déjà défoncé la clôture, lorsque les forces de l’ordre ont débarqué.
Les vandales fourmillaient dans plusieurs quartiers, à telle point que les émeutes frôlaient le pillage. Des éléments, issus de forces mixtes, conduites par le commandant du groupement de la gendarmerie de  l’Atsimo Antsinanana, ont, de ce fait, sécurisé les lieux stratégiques, où sont implantés banques, stations-service et commerces.
Hier, un regain de violence planait encore sur la ville, plongée dans une fragile accalmie. Après de la double arrestation effectuée la nuit, les réactions de manifestants mécontents seraient encore imprévisibles.
L’épée de Damoclès étant encore suspendue à leurs têtes, les forces de l’ordre sont plus que jamais aux aguets.

Seth Andriamarohasina

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  • Pourvu que cette manifestation de mécontentement ne se propage pas dans tout Mada car ça obligera les hauts responsables à « réfléchir à trois fois » et à prendre des mesures pérennes.!!!