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YOSHIHIRO HIGUCHI – « Il faut améliorer le climat des affaires »

L’ambassadeur  Yoshihiro  Higuchi  quitte  Madagascar avec  quelques  regrets. 

Le mandat de l’ambassadeur du Japon à Madagascar arrive à terme. Avant son départ, il a donné une conférence de presse, hier, durant laquelle il a plaidé pour l’amélioration de l’environnement des affaires.

UN goût d’inachevé. À l’entendre, Yoshihiro Higuchi, ambassadeur du Japon, va quitter Madagascar sur un sentiment mitigé. De ses mots, il s’en va sans avoir atteint son principal objectif qui est de renforcer les échanges commerciaux entre la Grande île et le pays du soleil levant. Partant de ce constat, il en appelle à la poursuite des efforts pour l’amélioration de l’environnement des affaires à Madagascar. “Quand je suis arrivé à Madagascar, il y a deux ans et demi, j’ai eu l’ambition de promouvoir les relations de business et l’investissement entre le Japon et Madagascar. Je dois dire que cet objectif n’a pas été facile à réaliser à cause, notamment, du contexte de la Covid19 qui rendait difficile les rencontres et négociations physiques”, explique le diplomate.

Durant une conférence de presse qu’il a donnée avant son départ définitif de la Grande île, hier, à sa résidence à Ivandry, l’ambas­sadeur du Japon a demandé au gouvernement “de poursuivre les efforts pour améliorer l’environnement des affaires afin d’attirer plus d’investisseurs étrangers”. De prime abord, outre la crise sanitaire, le climat des affaires serait l’autre raison qui ne lui a pas permis d’atteindre son objectif de renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays.

En réponse aux journalistes, le diplomate ajoute qu’en matière d’amélioration de l’environnement des affaires, “il y a pas mal de choses à faire et pourtant, il y a pas mal de potentiels dans différents secteurs, comme la mine, le tourisme, ou encore les ressources maritimes”. Il cite en exemple, “la confiance du marché, la procédure administrative qui est assez lourde, le problème de la corruption, les questions d’infrastructures comme l’électricité et le trans­- port qui sont des contraintes”.

Des regrets

Sans le dire directement, l’ambassadeur Higuchi souligne aussi l’importance d’une stabilité poli tique pour séduire les investisseurs internationaux. Il a en effet souligné le départ de la plupart des investisseurs japonais en raison de la crise politique de 2009. Une introduction au sujet sur le projet Ambatovy. Il s’agit du plus grand investissement minier à Mada­gascar, mais aussi, le plus grand investissement privé japonais dans le pays et dans la région océan Indien.

Pour le diplomate “le succès du projet Ambatovy sera un argument pour attirer d’autres investisseurs”. La nécessité d’une amélioration du climat des affaires a déjà été soulevée à quelques reprises par le diplomate dans de précédentes sorties mé­diatiques. Il a, visiblement, tenu à le souligner une dernière fois, avant son départ prévu la semaine prochaine. Il a, du reste, profité de la conférence de presse d’hier, pour faire part d’un autre regret.

Selon le diplomate, il regrette que Madagascar n’ait toujours pas répondu à la proposition japonaise de signer “un traité d’investissement bilatéral”, entre les deux pays. Une proposition faite depuis trois ans. L’ambassadeur indique que “la protection des investissements qui viennent du Japon”, est notamment l’objet de ce traité. Ce qui pourrait expliquer pourquoi l’État prend son temps pour cogiter et voir où sont ses intérêts avant d’en décider.

L’autre regret de l’ambassadeur Higuchi est qu’il n’est pas parvenu à convaincre Madagascar d’adhérer au projet de zone de libre-échange continentale africain. Pour lui, il s’agit aussi d’une voie pour renforcer les business internationaux dans l a Grande île. C’est surtout le secteur privé qui est réticent à cette idée. Elle estime que la Grande île doit d’abord s’armer afin que la balance commerciale du pays ne bascule pas juste vers l’importation. Yoshihiro Higuchi termine toutefois sa conférence de presse sur une note d’optimisme. Selon ses dires, la rencontre bilatérale entre la délégation malgache et japonaise, en marge du 8ème sommet de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afri­que ou TICAD 8, “a donné un rebondissement dans les relations bilatérales entre le Japon et Madagascar”.

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