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FILIERE VIANDE DE ZÉBU -En quête de nouveaux marchés

Les  techniques  de  production  de  viande  bovine  sont  restées  archaïques

Les acteurs de la filière viande, et particulièrement les opérateurs économiques misant sur le potentiel actuel et à venir du cheptel bovin du pays, cherchent actuellement à moderniser et étendre leur secteur d’activité afin de pouvoir accéder à de nouveaux marchés.

 

Dans la Grande Ile, l’élevage est la deuxième activité après l’agriculture. L’élevage bovin occupe une place prépondérante dans le secteur de la production animale. Estimé entre 7 et 8 millions de têtes, le cheptel bovin représente un capital fixe d’environ 200 millions de dollards. La filière est constituée à plus de 80% de zébus considérés comme de souche malgache. Quel que soit son mode d’exploitation (contemplatif, associé à l’agri- culture, thésaurisation, embouche…), il aboutit à l’exploitation de la viande.

Madagascar est considéré par les spécialistes d’ici et d’ailleurs comme un pays d’élevage bovin par vocation et par tradition. Il dispose d’immenses pâturages (37 158 000 ha soit 63% de la superficie totale), de savanes herbeuses composées à majorité d’essences appétées par le bétail. Les zones d’élevage sont éparpillées dans les différentes régions mais la partie ouest du pays représente près 60% du cheptel. Les techniques de production de viande sont restées archaïques et ont entraîné des produits insuffisants. La faible productivité est elle-même liée au manque de précocité de la race de zébu. Raison pour laquelle les autorités ont pris des mesures pour améliorer la race locale.

Ces mesures viennent après les initiatives engagées ces dernières années et mettant en œuvre différentes techniques d’amélioration du gabarit du zébu malagasy pour obtenir des carcasses plus lourdes, conformes aux exigences de l’exportation. Croisement de la race locale avec le zébu brahman importé du Texas pour produire des demi sang plus précoces et plus lourds, création de la race « Renitelo » résultant des croisements entre les races (afrikander, limousin…) afin d’obtenir des produits plus performants (gabarit, précocité, aptitude laitière) à partir d’individus dotés de ces caractères. Cependant, le gain génétique ne résistait pas aux influences du milieu, en particulier à la pénurie de fourrages.

Comment réexporter ?

Ces derniers temps, les responsables publics, les partenaires techniques et financiers, tout comme les acteurs de la filière, s’activent également pour mener des réflexions sur les pistes à prioriser pour que l’économie et la population puissent miser davantage sur l’exploitation de la viande bovine de Madagascar. C’est dans ce cadre que les perspectives de reprendre l’exportation de la viande de zébu et des produits dérivés des élevages de zébus sont au menu des échanges, à l’instar de l’atelier diligenté par le ministère de l’Agriculture et de l’élevage (MINAE) cette semaine.

Pour rappel, l’exportation de la viande bovine a été suspendue de 1997 à 2011 suite à l’embargo décidé par l’Union européenne. Cette dernière qui avait argué que la viande de zébu malagasy ne respectait pas les normes sanitaires et de qualité exigée par les réglementations de l’union. Parallèlement, après avoir observé une diminution graduelle du cheptel bovin national, l’état a pris la décision d’exploiter cette suspension d’exportation pour tenter de mieux préserver le secteur des périls qui le menacent.

Du côté de la Direction générale de l’élevage (DGE) et de la direction du service vétérinaire (DSV), les échanges actuels impliquant les diverses parties prenantes tournent surtout autour de l’examen des textes existants afin d’élaborer une stratégie et un plan d’actions afin notamment d’acter la reprise des exportations pour diversifier les marchés. On sait en outre que les résolutions prises ces derniers temps devraient être soumises devant le gouvernement et le Parlement pour une adoption finale.

Selon les analystes, les Emirats Arabes, la Chine et les îles voisines de Madagascar dans l’océan Indien sont des marchés potentiels pour la viande de zébu en provenance de Madagascar. C’est ainsi qu’avec le soutien de la Société Financière Inter- nationale (IFC), le projet Bovima (Bonne Viande de Madagascar) du groupe Inviso a été mis sur orbite dans le Sud du pays. La mise en place d’un parc d’engraissement et d’un abattoir moderne figure dans son plan de développement d’entreprise.

En mai dernier, lors d’une table ronde réunissant près d’une trentaine d’acteurs privés de la filière bovine à Madagascar, la réforme de la gouvernance de la filière bovine a déjà été au menu des discussions. Les participants ont discuté du projet Livestock Identification and Traceability System (LITS) ou Système d’Identification et de Traçabilité du Bétail et ont réclamé la réduction du nombre des intervenants dans l’enregistrement des bovins, la fluidification des procédures, la facilitation de la commercialisation de la viande de zébu dans le pays comme à l’extérieur

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