Editorial

Salons, salons

Pierre, papier, ciseaux. Salon, foire, forum. C’est bonnet blanc et blanc bonnet. Salon de l’industrie, foire de l’agriculture, forum du tourisme, salon de l’artisanat, salon de l’habitat, salon de l’auto, salon des métiers., salon de la gastronomie..,Y a-t-il un secteur qui n’a pas encore son salon ?

Foires et salons se suivent et se ressemblent depuis au moins vingt ans. Quel est leur apport au développement et à la lutte contre la pauvreté ? À l’image des subventions des bailleurs de fonds, on ne voit pas leur impact dans le quotidien de la population. Pourtant il n’y a pas eu un seul salon dont le bilan est négatif. Au lendemain d’une foire ou d’un salon, les exposants sont tous satisfaits soit pour avoir écoulé tous leurs produits soit pour avoir reçu des commandes fermes ou pour avoir été le stand ayant enregistré le maximum de visiteurs. Et tout s’arrête là et on recommencera l’année prochaine.

Le salon de l’habitat sert-il à chercher des solutions aux problèmes cruciaux de logement, à chercher des constructions qui résistent aux cyclones ? Ce n’est peut-être pas son objectif qui est plutôt de servir de plateforme pour une meilleure visibilité des sociétés et entreprises, d’offrir des opportunités commerciales, d’améliorer les chiffres d’affaires.

Le salon de l’industrie sert-il à quelque chose dans le renforcement du tissu industriel local complètement absorbé par le marché de l’importation et écrasé par la concurrence déloyale ? La guerre du savon entre les industriels locaux et les importateurs de bondillons en est l’illustration. Si l’État est incapable de protéger ce qui reste de l’industrie nationale, il ne faut évidemment pas compter sur les organisateurs de salon pour le faire. Leur objectif est tout autre. C’est d’abord une opération commerciale où le nationalisme n’est pas le leitmotiv.

Le salon de l’agriculture aide-t-elle à améliorer la qualité et la quantité de la production, à changer les techniques de culture?

Presque toutes les sociétés et entreprises affichent une assiduité infaillible à ces rendez-vous annuels pour profiter d’une opportunité de communication adéquate. On ne peut pas leur en vouloir. Si les salons n’existaient pas, quelqu’un d’autre l’aurait de toute façon crée. Il serait plus important que les salons deviennent un accélérateur du développement et ne se cantonnent pas à être un événement économique spectaculaire, un rendez-vous du luxe .

Plus l’économie s’améliore, plus un salon est intéressant. Des salons en tous genres au pays le plus pauvre du monde fait un peu désordre. Mais on n’est pas à une contradiction près. Le pape François vient d’en être le témoin. Il a, d’ailleurs, prôné le développement intégral sans exclusion.

En tout cas si les salons étaient un levier du développement, on serait déjà sur les sommets de l’Andringitra.

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