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Propagation de fausse nouvelle : Le juge accable les prévenus

Il fallait trois heures de temps pour que le juge du tribunal correctionnel d’Anosy ait entendu les quatre prévenus mis en cause dans l’affaire d’atterrissage d’un hélicoptère au stade de Mahamasina à la veille de la visite du Pape François.

Suite à la plainte déposée par le Chef de l’État-major Général de l’Armée Malagasy, il est reproché aux trois journalistes en la personne de Nadia Raoni­manalina, Arphine Rahelisoa, et Mahery Rabearivony ainsi qu’au directeur au sein de la Commune urbaine d’Antananarivo, Patrick Angelo Andriamisa, d’avoir diffusé de fausse nouvelle sur les réseaux sociaux.

Devant le tribunal correctionnel d’Anosy, ces prévenus ont procédé, tour à tour, à présenter leur explication. De prime à bord, les avocats à la défense ont soulevé l’exception de nullité de procédure. Ils ont observé des anomalies sur la forme des convocations.

Au cours du procès, à commencer par Arphine Rahelisoa, l’attachée de presse au sein de la CUA a nié l’inculpation formulée à son encontre. La journaliste d’avancer qu’elle n’était qu’« une subordonnée face à la diffusion d’un communiqué sur la page Facebook : CUA Serasera ». Le communiqué en question, selon son explication, s’est porté sur « le statut de la ville d’Antana­narivo dont le contenu n’a rien à voir sur la diffamation soulevée par la partie demanderesse ». Le procureur a insisté sur cette version que « le post en jeu aurait été la suite de la publication du site 24h Mada ». Un fait qui a été contredit par Arphine Rahelisoa.

Recoupement
À son tour, Mahery Rabearivony a expliqué devant le juge qu’il a publié l’information sur le survol de l’hélicoptère à Maha­masina. Le journaliste de 24h Mada de soutenir qu’« il a obtenu des textes et des photos en provenance d’une source ». Le juge a remis en question ce propos en insistant sur l’importance du recoupement qu’un journaliste a l’obligation de faire à tout moment. « Avez-vous demandé auprès de l’Armée Malagasy ou à d’autres responsables sur la présence d’un hélicoptère qui est en train de faire un vol dans le centre ville ? », interroge le juge. « Je n’ai fait que publier les photos que ma source m’a envoyés », poursuit Mahery Rabearivony.

Dans cette affaire, la présence des ressortissants chinois à bord d’un hélicoptère est au centre du débat. C’est sur ce point que la partie demanderesse, l’Armée Malagasy, s’est vue être déshonorée, selon le représentant du CEMGAM, le 2ème adjoint Marosoa Randria­narisoa à l’audience. Le secret à la défense était la règle d’or de la mission que sa portée n’a été dévoilée qu’à des personnes très restreintes.

Devant les accusations, Nadia Raonimanalina a appuyé qu’un recoupement a été fait auprès de toutes les instances quelques minutes après. « Je n’étais pas au courant que l’engin appartenait à l’Armée Malagasy. La CUA a été la première à fournir des explications sur le cas si un communiqué du ministère de la Défense a été publié plus tard que l’hélicoptère a effectué un exercice de simulation ». Une fois de plus, le juge a martelé que « quelle que soit la circonstance, il ne faut jamais se fonder sur des informations non recoupées étant donné que les journalistes devraient se différencier des simples citoyens en termes de niveau de connaissance. Un recyclage pourrait être nécessaire dans ce cas ».

L’affaire est mise en délibéré. Le verdict sera rendu le jeudi 20 semptembre.

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