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Editorial

Questions sur un champion

Champion de l’industrialisation. Un titre que d’aucuns trouvent ronflant et immérité. En quelque sorte une complaisance de l’Onudi. Effectivement le titre a de quoi surprendre étant donné l’état dans lequel se trouve le tissu industriel national. Depuis plusieurs années c’est presque le néant. Il n’y a jamais eu une réelle volonté de pousser l’industrialisation. Il y a juste des velléités vite étouffées par des intérêts financiers privés. Voilà pourquoi la balance commerciale a toujours été déficitaire. L’importation a toujours été privilégiée au détriment de l’industrialisation et de la production. Les groupements d’entreprise et d’industrie ont eu beau réclamer le soutien de l’État ne serait-ce qu’en termes de politique fiscale ou de facilitation de l’entrepreneuriat, ils ont toujours été considérés comme un rival de l’administration.

Les choses commencent à changer depuis l’avènement de ce régime. Au lieu de ministère de l’Industrie le département est devenu ministère de l’Industrialisation. C’est toute une différence.

L’industrialisation figure parmi les velirano présidentiels et sa concrétisation ne relève pas d’un mirage avec le projet Odof, One district, one factory et la creation de zones de pépinières industrielles. Des usines ont commencé à fonctionner comme la sucrerie d’Antanamifafy, l’huilerie d’Ambatofinandrahana… Pour la première fois depuis des lustres un dialogue public-privé organisé par le ministère de lIndustrialisation s’est tenu dans une atmosphère détendue et sincère où la situation a été mise à plat. Les deux côtés ont pris des engagements solennels. Un nouveau code des investissements est en cours d’élaboration pour créer un climat des affaires attrayant propre à séduire les investisseurs. Mais avant son adoption, la volonté de l’État d’avancer est déjà bien perçue par les entrepreneurs. À preuve le nombre d’entreprises ou d’industries, petites, moyennes ou grandes enregistré au niveau de l’EDBM depuis trois ans. On y décompte cent sept nouvelles entreprises et industries de divers secteurs depuis 2019. Un chiffre éloquent quand on sait que le pays a traversé une crise grave en 2020 et 2021.

D’aucuns s’attendaient peut-être ou sûrement à cent sept industries de la taille d’Ambatovy pour être convaincu. L’objectif est d’arriver à ce stade mais pour le moment l’industrialisation fait son chemin au plan local. L’ONUDI travaille depuis des années avec l’État et connaît mieux que quiconque la situation. Il y a eu des projets qui n’ont jamais abouti faute de volonté et ce n’est que maintenant qu’ils sont relancés. Voilà de quoi élucider toutes les questions sur un champion.

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