Chronique

Villes : Ordures d’un peu partout

Si on vous parle d’une ville croulant sous ses milliers de tonnes d’ordures journalières, dont une bonne partie est composée de déchets plastiques, il ne s’agit pas, ou pas encore, de celle à laquelle vous pensez, mais d’une grande métropole d’Afrique centrale. Une revue des villes les plus sales de la planète passe néanmoins fatalement par « celle à- laquelle-vous-pensez », et pour laquelle rien ne vaut le témoignage d’une rescapée : « Nous vivions dans un abri en toile de jute. Nous travaillions surtout la nuit sur un bac à ordures où, pour nous nourrir, nous ramassions ce que les gens y jetaient. Nous réchauffions ce qu’on pouvait dans des boites de conserves. »

Il fut un temps où les rues d’une capitale du Maghreb étaient de véritables décharges à ciel ouvert, avant qu’une société française ne prenne en main le problème du ramassage. Le maire avait trouvé l’explication de l’état de sa ville : « Nous sommes un peuple de bédouins et ne sommes pas habitués à la vie en milieu urbain. Les bédouins plantent leurs tentes, et quand c’est sale tout autour ils vont ailleurs. »

Mais qu’on vous parle aussi d’une très belle ville italienne dans un temps pas si éloigné. Les déchets industriels y étaient plus rentables à la mafia que la cocaïne. Vingt-six millions de tonnes étaient dispersées dans la nature, l’équivalent d’une montagne de produits toxiques de plusieurs kilomètres de haut, et brûlées à l’air libre. Des pâturages étaient pollués, et des troupeaux entiers décimés.

Retour dans la ville d’Afrique Centrale où des esprits ingénieux se proposent de recycler le plastique pour en faire des pavés très résistants en forme d’étoile. Ils attendent toujours une oreille attentive à leur projet.

 

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