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Tsimbazaza : Ntsay en patron, les députés tournent en rond

Le Premier ministre a maîtrisé son sujet durant la présentation de la politique de mise en œuvre de la PGE. En face, les députés ont donné une piètre image de l’institution parlementaire.

À deux visages.La séance de présentation du programme de mise en œuvre de la Politique générale de l’État (PGE), à l’Assemblée nationale, hier, a donné lieu à deux prestations diamétralement opposées. D’un côté Christian Nstay, Premier ministre, qui a montré une maîtrise de l’exercice et en face, les députés qui ont passé près de six heures à flagorner et à quémander.

Une fois n’est pas coutume, un locataire de Maha­zoarivo a montré de l’assu­rance, dans la présentation de son programme de mise en œuvre de politique générale de l’État. Conformément au souhait de la Chambre basse que Christine Razanamahasoa, sa présidente, a formulé dans son discours d’ouverture de cette session extraordinaire, le chef du gouvernement a servi aux députés, un programme d’action, relativement détaillé, répartie en cinq secteurs et avec des timings d’exécution.

Gouvernance, sécurité, économie, écologie et social ont été les angles sur lesquels Christian Ntsay a orienté sa présentation d’hier. Présentant un programme qui se projette à court et moyen terme, le Premier ministre a, par exemple, indiqué que l’objectif de croissance est de 7%, d’ici 2023. Dans le volet social, il a annoncé la construction de trente nouvelles Écoles primaires publiques (EPP), et de treize Centre de santé de base (CSB), avant la fin de cette année, en énumérant toutes les localités concernées.

Pareillement, sur la sécurité où la construction de Bases opérationnelles avancées de l’armées, de nouvelles compagnies et brigade de la gendarmerie nationale, ou encore, de nouveaux commissariats, tous annoncés pour l’année prochaine. La présentation d’un plan avec les deadline de concrétisation, semble avoir donné l’occasion au chef du gouvernement de montrer qu’il maîtrise son sujet.

Quid du financement ?

Au regard de l’exposé d’hier, le programme de mise en œuvre de la PGE, sans le dénaturer, a tempéré les « promesses de campagne », de Andry Rajoelina, président de la République, comme en matière d’infrastructure. Comme pour affirmer que suivant la Consti­- tution, c’est à lui que revient le rôle de conduire la mise en œuvre de la PGE, les projets et prévisions annoncés, hier, à Tsimbazaza, privilégient une approche structurelle et holistique des actions gouvernementales.

Propagande obligée, probablement, le locataire d’Iavoloha avait fait ses promesses sur la base de besoin spécifique à chaque localité qu’il a visitée. Pour les besoins locaux, le Premier ministre a annoncé la finalisation d’une nouvelle politique de décentralisation durant le dernier trimestre de cette année, avec une enveloppe d’un milliard d’ariary, pour chaque région pour commencer. Les réclamations par certains députés sur l’absence des promesses de campagne dans son exposé ne l’ont pas perturbé. Les élus n’ont pas, non plus, tenté grand chose pour le bousculer.

Tantôt flagorneur, parfois apathique, indifférent et surtout quémandeur, les députés ont montré une piètre image. « L’institution est comme une Chambre des lamentations », regrette un journaliste. Dès le premier test, les nouveaux députés ont douché l’ambition affirmée par Christine Razana­mahasoa qu’est de jouer pleinement leur rôle de balise des actions gouvernementales. Même ceux habitués à porter des regards critiques sur les affaires nationales ont été déçus.

«Les diffusions en direct sont l’occasion pour les députés de s’adres­ser aux habitants de leur circonscription, de demander et faire part de leurs besoins et attentes », explique un élu durant une échange sur les réseaux sociaux. Il y a, toutefois, d’autres occasions et circonstances pour formuler les doléances particulières et conjoncturelles, comme lors des séances de question-réponse avec le gouvernement.

Sur le programme de mise en œuvre de la PGE, l’article 99 de la Constitution, permet aux députés d’émettre des suggestions. La majorité des élus semblent, cependant, confondre suggestion et quémandage au point de zapper une question essentielle, hier. Quid du financement des projets annoncés par Christian Ntsay ? Un point important, absent, pourtant, de la présentation d’hier.