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Ministres et députés – Une relation qui tend à se détériorer

Les  échanges  ont  été  durs  entre  députés  et  ministres  lors  du  face-à-face  au  CCI  Ivato.

Entre certains députés et quelques ministres ce n’est pas le grand amour même s’ils sont du même bord. La tension est telle que le divorce semble inévitable.

Deux semaines après la fin de la session parlementaire ordinaire, les échanges de piques entre députés et membres du gouvernement se poursuivent. Un état de fait qui perdure, laissant transparaître une relation qui se dégrade irréversiblement entre certains ministres et quelques élus qui ne souhaitent que leur départ le plus tôt possible du gouvernement.

Depuis la mise en place du gouvernement actuel, jamais sa relation avec les parlementaires, et plus spécifiquement les députés, n’a été aussi tendue que maintenant. Alors que l’éventualité d’un remaniement est sans cesse évoquée dans les coulisses politiques, des députés réclament la tête de certains membres du gouverne- ment Ntsay.

Les débats se tiennent cependant hors institution cette fois-ci. Parfois par médias interposés. Les députés avaient pourtant déjà eu l’occasion « d’en découdre » lors des séances de face-à-face entre eux et les membres du gouvernement lors de la récente session parlementaire. Mais certains acteurs jouent les prolongations. Une joute verbale qui risque de ne s’arrêter qu’au moment de l’annonce de quelques changements de portefeuilles.

À boulets rouges

« Ces discussions et invectives extra-parlementaires constituent une preuve de la difficulté de débats sincères et objectifs, sans prise en compte des relations et tension interpersonnelles entre l’Exécutif et les parlementaires », a réagi à ce sujet Firaisantsoa Elie, Enseignant en Droit Public et Science politique. Pour lui, « quand c’est l’acharnement contre une personne qui prime, au détriment des débats d’idées objectifs, on sort du cadre légitime des discussions pouvant déboucher sur des décisions objectives dans une démocratie. Or, c’est plutôt la tendance des échanges actuels », note-t-il.

Certains élus attendent effectivement de pied ferme quelques membres du gouvernement Ntsay Christian. Les séances à l’Assemblée Nationale n’ont pas suffi pour eux pour mettre le point sur le i. À titre d’exemple, le ministre de la Justice a subi continuellement les tirs à boulets rouges émanant du député du cinquième arrondissement de la capitale, Naivo Rahol­dina, au cours des derniers temps. « Ce ministre n’est pas issu du TGV-Mapar », a martelé le député, qui tend à insister sur la nécessité d’une loyauté sans faille envers le parti majoritaire pour les membres du gouvernement. Cela a fait suite à un échange caustique entre les deux parties lors de la récente session parlementaire.

Raholdina fait partie de ceux qui militent pour un gouvernement qui ne compte comme membres que ceux qui ont contribué à l’élection de l’actuel président de la République. Il n’est pas le seul à penser ainsi. Pour cette catégorie d’élus, seuls les militants des premières heures en faveur de l’actuel Chef de l’État peuvent siéger au sein du prochain gouvernement.

Quid de l’ouverture Cette manière de concevoir la nomination d’un nouveau gouvernement est cependant loin de faire l’unanimité, que ce soit au sein de la majorité ou au sein de la classe politique en général. Mamy Ramalanjaona , Universitaire et politicien, a émis un autre point de vue. Interviewé sur une chaîne privée, il a fait comprendre que « la mise en place d’un gouvernement dépend des objectifs à atteindre ». Ce qui présuppose la possibilité d’une ouverture, voire d’une cohabitation si c’est nécessaire. Car « l’atteinte des objectifs doit transcender les considérations d’étiquettes et de loyauté politiques ».

Ce genre de débat entraine en tous cas des discussions houleuses au niveau des états-majors politiques. En attendant que la question du remaniement soit tranchée, chacun fourbit ses armes. Il n’est pas étonnant ainsi si les attaques de la part de quelques parlementaires à l’encontre de certains membres du gouvernement s’accentuent au fil des jours. Des élus de l’opposition, tout autant que des députés de la majorité présidentielle, jouent le jeu. Une passe d’arme qui met mal à l’aise certains analystes politiques. Firaisantsoa Elie rappelle l’article 102 de la Constitution pour tenter de faire revenir les acteurs politiques à la raison: « Les moyens d’information du Parlement à l’égard de l’action gouvernementale sont la question orale, la question écrite, l’interpellation, et la commission d’enquête ». Une façon pour lui de réitérer que les critiques acerbes, en dehors du cadre institutionnel, ne constituent pas nécessairement la meilleure façon de faire évoluer la situation. « Surtout quand ce sont les attaques personnelles qui priment sur les débats d’idées », conclut notre interlocuteur

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