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Editorial

Vendanges de feu

C’est bien connu. La grande majorité des Malgaches n’ont jamais eu l’âme d’un écologiste convaincu. Des « Verts » à moitié vides. À part quelques rares personnes en voie de disparition, militantes d’une cause perdue, le reste n’a que faire des éventuels conséquences et méfaits des changements climatiques sur leur propre univers. La plupart sont des pyromanes en herbe. Des têtes brûlées. Alors, peut-être pour ceux-là, l’incendie du bureau de l’Office national pour l’environnement, ONE, à Antaninarenina, aurait été un événement des plus banals, les feux d’artifices qu’ils attendaient tant.

Pourquoi, disent ces climato-sceptiques, plus par ignorance que par un minimum de discernement, allons -nous nous soucier d’un avenir lointain de la terre entière, alors que nous vivons au jour le jour? L’indigence, la misère et la précarité sont autant de prétextes tout trouvés pour piller, saccager les réserves naturelles et les parcs nationaux. La question est de savoir si la préservation de ces joyaux de l’écotourisme est compatible avec la lutte contre la pauvreté? Comment interdire à des miséreux d’exploiter des richesses naturelles pouvant changer leur vie? Des bailleurs de fonds ont consacré des millions de dollars pour concilier les contraires. Mais le retour sur investissements n’était pas toujours à la hauteur de leurs attentes.

En 2004, par exemple, quand Madagascar a été éligible parmi les nations ayant bénéficié des largesses financières offertes par I ‘Initiative pour les pays pauvres les plus endettés, IPPTE, des organismes étrangers et des sociétés privées de dimensions internationales, ont racheté des dettes malgaches pour être réinvesties dans des actions à caractère environnemental. Avec de maigres résultats au bout des comptes.

Aujourd’hui, des populations nomades, venues des terres arides et inhospitalières, à cause de la sécheresse persistance, squattent ces havres de pays pour la nature, refuges peu rassurantes des espèces endémiques au bord de l’extinction. Devenus sédentarisées, elles détruisent les rares forêts primaires afin de produire du charbon de bois. Et font de la culture sur brûlis du maïs. Le triste cliché d’une dégradation irréversible et définitive des milieux naturels. Quand des autorités locales décident de les déloger, tout peut, à tout moment, basculer vers des dérives ethniques et tribales.

Par le temps chaud et sec qui va s’installer peu à peu, la saison des « doro tanety », reprendra de plus belle. Pouvant mettre en péril le projet présidentiel de reverdir Madagascar par un reboisement à grande échelle. Il n’est pas trop tard pour chercher un Plant « B ».

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