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Chronique

Mon plaidoyer pour les Enseignants

«Les Enseignants-Chercheurs et Chercheurs-Enseignants de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique constituent un corps de hauts fonctionnaires de l’État» (préci­sion introduite par l’article 1er de la loi 2003-008 du 5 septembre 2003). Et pourtant.

La rémunération semble inversement proportionnelle au travail intellectuel consenti pour mériter un diplôme supérieur, exposant l’Enseignant-Chercheur et le Chercheur-Enseignant à une «dépréciation» sociale: elle marche sur la tête la société qui autorise des nababs ignorants à regarder avec condescen­dance les Sachants prolétarisés au sein d’une classe moyenne en voie de disparition.

Dans cette posture sirsasana qu’est devenue notre monde, il n’est sans doute pas inutile d’exihiber des broutilles financières qui pourraient susciter des vocations futures. À cette condition encore que leur taux corresponde effectivement à la catégorie des «hauts emplois de l’État»: logement administratif, secours-décès (douze mois de traitement + pension de veuvage + pension d’orphelinat pour les enfants mineurs), indemnité d’installation pour la retraite, indemnité de recherche au-delà de la retraite.

Le 16 juin 2021, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a officiellement communiqué sur les «Heures Complémentaires» et les «Vacations» impayées pour l’année 2017-2018 : globalement, en ce qui concerne les «HC», 75% seraient en cours de paiement, sauf pour l’Université d’Antsiranana.

C’est décidément un feuilleton sans fin cette affaire des heures complémentaires qui «résultent de la soustraction des obligations de service sur les heures totales effectuées par l’Enseignant-Chercheur ou le Chercheur-Enseignant» (article 13 du décret 2005-098 relatif à leurs obligations de service). Et détail finalement, que plus ou moins «75%», puisqu’il s’agit déjà d’impayés vieux de quatre ans.

On n’imagine même pas les sanctions immédiates dans la rue si l’État avait des dettes envers les «secteurs clés» de l’Économie, l’Armée, la Gendarmerie ou la Police. Mais, les Enseignants-Chercheurs et Chercheurs-Enseignants n’ont pas la même force de blocage ou de rébellion. Tel n’est d’ailleurs pas l’état d’esprit de leur caste intellectuelle.

On a l’habitude de ne considérer que l’Université, mais participent également à ce secteur clé intellectuel, de recherche et de développement, le FOFIFA (Centre national de recherche appliquée au développement rural, crée en juin 1974), le CNARP (Centre national de recherches pharmaceutiques, octobre 1976), le CNRO (Centre national de recherches océano­graphiques, avril 1977), le CIDST (Centre d’information et de documentation scientifique, mai 1987), le CNRIT (Centre national de recherches industrielles et Technologiques, juillet 1987), le CNRE (Centre national de l’environnement, mai 1988), l’INSTN (Institut national des sciences et techniques nucléaires, septembre 1988), les IST (Instituts supérieurs de Technologie, juillet 1992), le PBZT (Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza, mars 1993) et l’IMVAVET (Institut malgache de vaccin vétérinaire, avril 1995).

Enseignements théoriques, dirigés et pratiques; recherche; montage et exécution de projet: témoignage passé de la haute considération en laquelle nous tenions nos «Mpampianatra», ceux qui enseignent, puisque leur demeurent autorisées «les activités pédagogiques et scientifiques jusqu’à l’âge de 70 ans». Mpampianatra, Maître, Professeur: plaidoyer pour celles et ceux dont le partage du savoir et la transmission de la connaissance est un sacerdoce de salut public.

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