Social

Protection des enfants – De nombreux cas de violence non signalés

La protection des enfants contre les diverses violences devrait engager la responsabilité de tous.

Le signalement des violences envers les enfants aurait diminué. Le rétablissement physique et psychologique des enfants victimes est incertain.

A Nosy Be, plusieurs enfants subissent des violences sans que personne ne s’en préoccupe. Des mineurs y sont exposés à la prostitution, mais personne ne réagit. À Ambatolaoka, par exemple, un lieu très prisé par les touristes étrangers, des jeunes filles avec une allure d’enfant, se baladent avec des « vazaha », main dans la main. Malgré que la prostitution des mineurs soit fortement interdite, certaines trouvent des moyens pour transgresser cette règle. « Certaines jeunes filles se procurent une carte d’identité vers l’âge de 16 ans. Des parents les poussent à agir ainsi, car se marier avec un étranger est considéré comme une marque de réussite sociale dans le Nord», affirme Patricia Rasoanindrina, coordinatrice de l’association Cœur et conscience, samedi.
En outre, dans cette grande ville où un centre de prise en charge des victimes de viol ou centre Vonjy, a été mis en place depuis 2016, des cas de violence sexuelle ne sont toujours pas signalés. « Environ 20 % des cas ne sont pas signalés dans notre district. À cause de la pauvreté, des parents préfèrent s’arranger avec l’auteur du viol, pour lui soutirer de l’argent », rapporte une source auprès du Réseau de protection des enfants.
Des études ont montré que les violences sexuelles sont encouragées par la communauté, les normes sociales, la pratique culturelle, l’inégalité entre hommes et femmes. « On pense que les femmes méritent plus la violence que les hommes. Des croyants conseillent aux victimes de ne pas signaler les faits et de laisser à Dieu d’agir », rapporte Ambinina Raveloarison, chargé de travail social auprès de l’Ecpat France.

L’inceste gagne du terrain
Les lacunes au niveau des réponses, dans la prévention, dans l’éducation sexuelle, dans la prise en charge économique et communautaire, favoriseraient également, ce type de violence, alors que la situation s’empire. Dans de nombreux cas, des pères, des
frères, des oncles, des beaux-pères sont cités comme auteurs de viol.
Michel Saint-Lot, représentant du Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) a confirmé, hier, lors de la célébration de la journée des enfants africains, que beaucoup de cas ne sont jamais signalés, malgré l’obligation légale. « Peu importe les raisons, le non signalement de ces cas prive ces enfants du rétablissement physique et psychologique ainsi que leur accès à la justice », lance-t-il. Il fait appel à tous qu’il est temps d’agir. « J’invite les autorités, les communautés, les familles et parents, mères et pères, à prendre conscience de la gravité de ce phénomène», poursuit-il. Le ministre de la Population et de la protection sociale par intérim, Tianarivelo Razafimahefa a indiqué que les stratégies de lutte contre le mariage précoce, sont en phase de finition et la politique nationale sur les droits des enfants est en cours d’élaboration. Le représentant de l’Unicef martèle que « Chaque individu est responsable. La société malgache doit se réveiller et dire, non aux violences, non aux abus ».

 

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