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Législatives – L’opposition anéantie à Tsimbazaza

La CENI a reconnu l’existence de fraudes électorales, samedi.

La CENI a publié, samedi, les résultats provisoires des élections législatives. Au regard du nombre de sièges comptabilisé provisoirement, l’opposition aura du mal à peser à l’Assemblée nationale.

Étouffée. L’opposition risque d’être inaudible à l’Assemblée nationale. Sauf revirement spectaculaire, les résultats provisoires des élections législatives annoncent une Chambre basse archi-dominée par les porte-étendards du pouvoir, avec une importante présence des indépendants.
Selon les chiffres provisoires, la somme des sièges que devraient obtenir les candidats du pouvoir et les indépendants, dépasse largement la majorité des deux tiers, au sein de l’institution de Tsimbazaza. En face, l’écu­rie « Tiako i Madagasikara » (TIM), avec probablement, moins d’une vingtaine de sièges, risque de ne pas faire le poids. Son chef de file ayant été finaliste de l’élection présidentielle et seule formation réputée opposante devant avoir des députés, le TIM devrait légiti­mement mener le front de l’opposition.
Tel un poids plume face à un poids lourd, les porte-fanions du TIM pourraient ne jouer qu’un rôle de figuration dans les batailles politiques à l’Assemblée nationale. Ses représentants à Tsimbazaza pourraient se réduire à assurer la survie politique du parti et de son leader, Marc Ravalomanana. Une survie politique que des partis comme le « Malagasy tonga saina » (MTS), pourraient avoir en tête. Roland Ratsiraka, son chef de file est provisoirement en tête, à Toamasina.
Avec plus de quatre-vingt sièges provisoirement acquis, le pouvoir a largement une majorité qui lui permettra de faire passer aisément toutes ses initiatives de loi. L’Exécutif devrait, par ailleurs, avoir un nombre suffisant de soutien à Tsimbazaza, pour le préserver de tout attentat politique.
Il faut le vote des deux tiers de l’Assemblée nationale pour un empêchement du président de la Répu­blique, ou sa mise en accusation devant la Haute cour de justice (HCJ). Il en est de même pour intenter une motion de censure contre le gouvernement.
Il faudra, néanmoins, une discipline de parti solide. Avoir une majorité confortable à la Chambre basse pourrait, également, préserver le chef de l’État des décisions politiques délicates comme le remplacement du gouvernement.

Carte blanche
Pour s’en délester, le locataire d’Iavoloha pourrait être tenté d’activer une fronde venant de ses députés. Gagner les deux tiers de l’Assemblée nationale ne sera pas, non plus, difficile pour le pouvoir. Il lui suffira de puiser dans les rangs des indépendants qui devraient gagner une cinquantaine de sièges.
Plusieurs candidats indépendants en tête des résultats provisoires ont soutenu la candidature d’Andry Rajoelina, durant la présidentielle. Ils rejoindront, probablement, les rangs du pouvoir une fois à la Chambre basse.
« Pour exister politiquement à l’Assemblée nationale, il faut faire partie d’un groupe parlementaire, surtout lorsque la configuration est déjà prédéfinie comme maintenant », témoigne un ancien député indépendant. Il avance que des élus indépendants pourraient former leur propre groupe parlementaire.
« C’est une éventualité. Seulement, il est difficile pour un indépendant de s’opposer au pouvoir sauf si, réellement, il en a la conviction », ajoute l’ancien élu. La versatilité des indépendants au gré des intérêts politiques et financiers a, toutefois, été l’une des raisons de l’instabilité de la précédente Assemblée nationale.
Ce qui a aussi, fortement, terni l’image de l’institution. Le futur visage de la Chambre basse indique, du reste, que le pouvoir aura carte blanche dans ses actions.
Le Sénat, toujours sous la menace d’une dissolution ou d’une réduction d’effectif et avec un budget réduit au strict nécessaire, ne semble pas en mesure de jouer un contre-pouvoir. Il semble que seule l’opinion publique puisse jouer le rôle de « garde-fou », des actions des décideurs étatiques.
À condition qu’ils soient à l’écoute. Le fort taux d’abstention aux législatives devrait, toutefois, faire office d’un premier rappel à l’ordre.

 

4 commentaires

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  • Il ne fait plus aucun doute Ravalomanana doit envisager sérieusement sa retraite politique et penser sérieusement à une révision de son procès pour les tueries de 2009 si le pouvoir voudrait bien rétablir l’état de droit . Il peut toujours prétendre à être chef de l’opposition au parlement mais n’aura jamais un poids politique pesant sur les débats car les indépendants ne rouleront pas systématiquement pour lui. Justement cette présence pléthorique d’indépendants est une entorse à la démocratie universelle . Un éclaircissement juridique de l’article 72 de la loi fondamentale est primordial lors de la retouche de la constitution . Que Ravalomanana se présente aux communales dans la capitale et qu’il soit battu à plate couture car le contexte électoral est différent c’est une élection de proximité il y aura plus de mobilisation de l’électorat autrement ce ne sont pas les militants TIM certes majoritaires qui feront la différence . Les votes des abstentionnistes seront déterminants .

  • Et bien une grande pose fera du bien à Marc ravalomanana… Il avait cru avoir 109 député et voici que le résultat annoncer et qu’il n’a même pas eu le quart du nombre 109! La déception totale ! Lui et les TIM devrait maintenant se rendre compte que nul qu’ils fassent ils ne feront plus l’affaire de plus la plupart des Malagasy ne veulent d’eux qu’à part bien sur les idiots de zanaky DADA !

  • ça s’est vu déjà avant l’élection suivant la suite logique dans notre vie quotidienne! La Ceni a en effet presque terminé de traiter tous les PV et l’ anomalie a été déjà noté.La confirmation de ces cas d’anomalies n’a aucune risque des doutes concernant l’impartialité et le professionnalisme de l’organe en charge de l’organisation de l’élection à Madagascar.

  • Il ne s »est pas tromper ANR d’affirmer préalablement à l’obtention plus de 80% à Paris. C’est bien qu’il soit si sûr de lui depuis longtemps et jusqu’à maintenant. Mais l’histoire ne s’arrête pas là mais beaucoup s’engagent et d’investigation sera solliciter de la part des nouveaux députés pour le développement du pays.