Projets de sous-développement


Combien sommes nous exactement? Difficile d’y répondre de manière précise étant donné qu’entre le début et la fin d’un recensement, la population a considérablement augmenté. Or le dernier recensement général de la population a duré près de deux ans. Autrement dit les résultats du recensement sont déjà dépassés au moment de leur publication. Certaines statistiques affirment que Madagascar compte aujourd’hui 25 millions d’habitants, d’autres estiment à 27 millions d’âmes. Des chiffres forcément approximatifs quand le recensement n’a pas lieu régulièrement. Pendant plusieurs années aucun recensement n’a eu lieu. Il n’a jamais été une préoccupation des dirigeants successifs. Mais quel que soit le nombre de la population, le pays est assez grand pour contenir dix fois plus d’habitants. La population s’agglutine dans les grandes agglomérations alors qu’à 20 km des villes c’est déjà le désert à perte de vue où la densité de la population ne dépasse pas 5 habitants au km2. On est donc loin de la surpopulation et de la nécessité de limitation de naissance. Le problème est ailleurs. C’est de trouver de quoi nourrir toute cette marée humaine. Il y va de la volonté des dirigeants. Ce ne sont pas la surface cultivable ni la volonté des agriculteurs qui manquent. Le fait est qu’on s’appuie sur des projets financés par les bailleurs de fonds mais qui n’ont jamais apporté des résultats probants. Des fois il s’agit de prêt que l’on doit rembourser pendant plusieurs années. Les projets profitent à ceux qui les font fonctionner au niveau de l’administration qu’aux véritables concernés. Même actuellement il y a plusieurs projets en cours dont l’impact au niveau de la population ou de l’économie est négligeable. À preuve la pauvreté ne cesse de rogner chaque jour du terrain. Certains projets n’ont pas encore démarré mais qui arriveront bientôt à terme. Mais on continue dans cette voie dont on sait qu’il n’apportera pas le développement escompté. Cela fait quarante ans qu’on procède de la sorte mais le pays continue de s’enfoncer davantage. Pendant la première République il y avait des projets comme l’Odemo( Opération de développement du Moyen Ouest) dont l’impact était concret au niveau de la région de Bongolava et dans les conditions de vie de population. L’Odemo a disparu avec la première République et a donné sa place à la ruine et à la désolation. C’est la parfaite image du recul du pays depuis la seconde République où le paradis socialiste est en réalité un enfer communiste.
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