POPULATION - Hausse des naissances


Suzy, une sage-femme qui travaille dans une maternité tananarivienne, constate l’augmentation de ses tâches, entre il y a dix ans, et maintenant. « Les accouchements sont en hausse, d’année en année. Il nous arrive de gérer une dizaine d’accouchements, en vingt-quatre heures», témoigne cette femme dans la quarantaine, hier. Cette hausse des naissances est confirmée dans les services de l’état civil, au niveau des arrondissements de la commune urbaine d’Antananarivo. Dans le quatrième arrondissement, le nombre de naissances enregistrées est passé de dix mille, en 2012, à douze mille, en 2022. Dans le troisième arrondissement, ces chiffres augmentent de cent trente, entre 2021 et 2022. Cette hausse des naissances n’est pas, toutefois, vérifiée dans la maternité de référence de la capitale, le Centre hospitalier universitaire gynécologie-obstétricale Befelatanana. Selon ses statistiques, sept mille huit cent enfants sont nés dans cet hôpital, en 2010, contre six mille deux cent cinquante, en 2020. Peut-être, parce que les parturientes ont l’embarras du choix avec les nombreuses maternités ouvertes à Antananarivo, et que cette maternité accueille surtout les accouchements difficiles. Par ailleurs, un médecin au sein de cet hôpital note que « beaucoup de femmes ont recours à la contraception, de nos jours ». Effectivement, le niveau de fécondité suit une tendance à la baisse. Il est passé de 6,1 en 1992, à 4,3, en 2021, selon l’Institut national de la statistique. La région d’Analamanga a l’indice synthétique de fécondité le plus bas, soit 3,3 enfants par femme. En 2021, pourtant, le nombre de bébés nés à la date du 1er janvier a été de deux mille cents, selon les estimations rapportées dans un communiqué établi par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), dans le cadre de son 75e anniversaire. A un tel rythme, Madagascar risque d’assister à une explosion démographique, d’ici quelques années.
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