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Chronique

Mireille Rakotomalala, parfait ambassadeur

«Mireille  arrive»  (Une  de  Madagascar  Matin du  7  décembre  1973).

Ambassadeur, selon le Larousse: «Personne susceptible de représenter à l’étranger une certaine image de son pays». Il est des ambassadeurs dont un pays peut être fier. Mireille Rakotomalala est de ceux-là.

Première Malgache à recevoir le premier Prix du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (France), elle est également diplômée des conservatoires nationaux de musique de Kiev (Ukraine) et de Saint-Petersbourg (Russie). C’est à ces titres qu’on lui confiera, par deux fois, le Ministère de la Culture. Engagée de longue date dans le dialogue culturel entre Madagascar et le Japon, elle sera, également à ce titre, ambassadeur de Madagascar au Japon (2018 – 2019).

Sa contribution, à ce titre, lui a valu de recevoir «l’Ordre du Soleil Levant, Étoile d’Or et d’Argent», décoration japonaise instituée en 1875. À Madagascar, qu’elle soit «Commandeur des arts et des lettres» semble couler de source: sa personnalité, son talent et son entremise, coïncident avec la «vitrine des arts et de la culture» ainsi qu’à la «valorisation de l’identité culturelle malagasy à l’intérieur et à l’extérieur», double mission confiée à un Office National des Arts et de la Culture par un décret de mai 2003.

Mais, la reconnaissance et la récompense des hauts faits artistiques et littéraires remontent à un décret plus ancien, celui du 2 mai 1957, à l’époque de la IVème République française dont allait hériter la République malgache. La récompense républicaine des mérites acquis dans le domaine des arts comme dans celui de l’enseignement était auparavant les palmes académiques, fondées par Napoléon.

Émancipé en 1957, l’Ordre des Arts et des Lettres fut sauvé du «safobe mantsina» de 1963, qui allait l’amalgamer dans le fourre-tout du «Mérite». Les Arts et les Lettres le doivent à la personnalité d’André Malraux, premier «Ministre d’État» d’affaires culturelles jusque-là réduites à une direction des Beaux-Arts ou à un secrétariat d’État aux Arts et Lettres.

Le prestige de la décoration des Arts et des Lettres tient à la qualité de ses récipiendaires et à l’effectif restreint de ses contingents. Ici, comme ailleurs, la décote est inversement proportionnelle à l’inflation des distributions à tort et à travers. La cérémonie d’hier, en l’honneur de Mireille Rakotomalala, fait partie de ces raretés qui n’en ont que plus de valeur.

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