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Editorial

Des chiffres et des êtres

Ca y est. Après de durs labeurs soutenus par un budget colossal, l’Institut national de la statistique a pu boucler le rencensement général de la population. Il a donc fallu attendre 28 ans pour mettre à jour le nombre d’habitants alors qu’on devrait le faire tous les dix ans. Maintenant on sait que nous comptons 25.674.196 âmes. Un chiffre établi à partir du recensement effectué en 2018. Autrement dit, il faudra déjà le mettre à jour.

C’est d’autant plus vrai qu’avec un fort taux de natalité, les chiffres changent très vite.

Mais au moins on a maintenant des statistiques plus ou moins précises. C’est important pour le développement et les prises de décision. Auparavant on fait tout au pif, et on ne s’étonne pas si on n’a pas du tout avancé. On perd du temps à compter la population avec les doigts de la main. On a essayé de recenser les familles nécessiteuses lors de la distribution de Vary Tsinjo mais l’opération s’est terminée en queue de poisson vu que finalement c’est tous les habitants d’un quartier qui sont pauvres.

Actuellement, on s’amuse à compter combien de personnes l’opposition réunit dans une excursion même si on sait qu’on a gagné l’élection présidentielle avec une confortable avance pour se faire remonter le moral et se donner du courage.

Les statistiques ont ainsi une importance capitale pour faire des projections, prendre des décisions appropriées concernant chaque tranche d’âge de la population..

On sait que les femmes sont plus nombreuses (51%) que les hommes et l’écart se creuse de plus en plus. Est-ce à dire qu’on encouragera bientôt la polygamie pour éviter le pire?

Sans statistiques, on en arrive à une situation où le nombre de votants dans une élection dépasse le nombre des inscrits. Une situation à laquelle la Ceni a été confrontée et qui a été constatée dans plusieurs circonscriptions électorales. Et comme on n’avait aucune référence, la Ceni estimait qu’il devait y avoir dix millions d’électeurs en 2018. On se trouvait par la suite dans une situation compliquée où des millions de personnes ont la même carte d’identité. Désormais, ces cas ne devraient plus se reproduire. Du recensement général, on devrait pouvoir passer au recensement électoral avec une marge d’erreur limitée.

Du moins en théorie. On sait que dans une élection il y a toujours un miracle.

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