Notes du passé

Une vieille cité protégée de grands ravins

D’Avaradrova (au nord du Rova), on peut passer à Atsinanandrova (à l’est du Rova) où l’on ne rencontre que les chefs claniques des Mainty et les Tandapa, tels Rainimaka, Rainivodihazo, Ratsirombaka, Rainibenjafy…, tandis qu’à Ankadinandriana, Tsimahafotsy et Tandapa se partagent le quartier. Plus tard, le prince Ramahatra en détient une partie. C’est là, dit-on, qu’on jette les vieilles hardes, nippes et détritus de toutes sortes provenant des Palais du Rova. Après la conquête française, le quartier est assaini et on y construit, entre autres, l’hôpital indigène.

Andrianampoinimerina offre Atsimon­drova (Sud du Rova) à sa sœur Ralesoka (Angavokely) et son mari Rabasivalo. Tout à côté, Ankazomasina- aux bois sacrés- sert de dépotoir aux bois de lits, trop vieux, usés ou ayant cessé de plaire. Mais ils restent sacrés puisqu’ayant appartenu aux souverains.

Toujours à Atsimondrova, il y a Anteza devenu Miadamafana sous Ranavalona Ire et Ankaditapaka plus au sud. Il s’agit d’une interruption dans le grand fossé qui entoure la cité, entre Angavokely et Ambohimitsimbina. Selon une légende, c’est à ce dernier endroit que les condamnés à mort, lors de leur marche au supplice, sont parfois rejoints suffisamment à temps pour entendre annoncer que le roi leur accorde la grâce, « en considération du recours » présenté par son conseiller Hagamainty, celui qui fait vivre. D’où le nom du quartier.

En aval d’Ambohimitsimbina, Amparihin­drasahala ou lac créé par Rasahala, une des épouses d’Andrianampoinimerina. C’est là que sont élevés les oiseaux que le roi aime chasser. Un autre lac se trouve en aval d’Ankadi­nandriana à l’ouest: c’est Amparihimaimbo (le lac nauséabond) ainsi appelé car on ne peut y puiser de l’eau, celle-ci étant trop sale. Le lac devait servir de déversoir des eaux de pluie qui entraînent des détritus.

À l’ouest du Rova, Andrefandrova revient aux Tsimahafotsy. C’est là que se trouve le grand marché d’Ambononoka créé par le grand monarque. C’est aussi là que résident les chefs de troupes royales- les 50 et les 70 hommes-, tels que Rafaralahimanadala rebaptisé Rakelihendry par le même souverain, Rafanoharana… et Andriankotonavalona. Ce dernier a perdu l’une de ses jambes au cours de l’une des expéditions menées contre Antananarivo, alors qu’à la tête de ses hommes, il a lancé l’assaut par Ankorahotra. À l’endroit où il a été blessé, le roi a fait ériger une pierre, Ambatonandriankotonavalona, marquant ainsi que cette partie du quartier lui appartient. Mais ce n’est que plus tard que son fils Ravahotra (Ravahatra?) commence à couper le bois pour s’y installer avec sa famille.

De profonds ravins protègent la vieille cité.

À l’extrême-ouest du Rova, se situe le grand ravin d’Ampamarinana- de son vrai nom Tsimahatsaka, qu’on ne peut niveler- où sous Andrianampoinimerina sont jetés, ligotés, les condamnés à mort pour détention et/ou utilisation de ody puissants. Mais il est surtout tristement célèbre à cause des martyres chrétiens qui y sont précipités sous Ranavalona Ire. Ampamarinana surplombe d’ailleurs Ambatoborodamba, la pierre où se déchire le lamba.

Tous ces anciens quartiers existent depuis la vieille cité d’Analamanga, mais modifiés: certains ont perdu leur nom original, d’autres ont été redéfinis par Andrianampoinimerina. Depuis, la ville s’agrandit considérablement, d’abord en direction du nord, route suivie par les souverains pour se rendre à Ambohi­manga à partir d’Ambohimanoro, au nord d’Andohalo, là où l’on indique ou qui indique le chemin.

Sous le grand monarque merina, en effet, aucune construction ne se bâtit hors de la vieille ville sauf à Ankadimbahoaka et Fiada­nana, avant-postes au sud d’Antananarivo habités par les colons Tsimahafotsy; à l’ouest, Mananjara appelé aussi Itaosy ou Tsima­nalady, occupé par les Mandiavato Vakinan­driamalama; au nord, Faravohitra par les Tsimahafotsy et les Mandiavato; et à l’est, Faliarivo par les Mainty et Ambatoroka par les Mandiavato Vakinandriamalama.

Bientôt, Andrianampoinimerina crée le quartier d’Amparibe. Depuis qu’il s’est emparé d’Antananarivo, c’est là qu’il s’adresse à ses sujets pour leur faire part de ses projets d’extension de l’Imerina. C’est dans ce quartier aussi que se trouvent les silos où sont conservés les isam-pangady, la dîme qui lui est due.

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