Editorial

Rue publique

La discipline, rien que la discipline, toujours la discipline. Le nouveau maire d’Antananarivo Naina Andriantsitohaina n’est pas allé par trente-six chemins pour annoncer la manière avec laquelle il entend mener sa mission de redressement de la capitale. « Nous n’avons pas le choix » a-t-il souligné pour dire que tout le monde doit se soumettre à la loi et la discipline. Une entreprise difficile à concrétiser vu l’indiscipline et l’anarchie générées par la dictature du prolétariat des années révolutionnaires conjuguées aux différentes crises qui ont rogné l’autorité de l’État, mais pas impossible. À preuve à Anosy, Mahamasina et Andrefanambohijanahary apprennent aux piétons les fondamentaux de la conduite dans la rue et cela marche. Policiers et gendarmes se relaient pour indiquer aux piétons où et quand traverser pour éviter les accidents dont la fréquence est dramatique, et permettre la fluidité de la circulation.

Une initiative saluée par les Tananariviens, les vrais habitants et non pas ceux qui font de la ville un atelier de travail et se moquent éperdument des règles à observer dans une cité urbaine, qui aspirent à une ville propre et ordonnée débarrassée de tous ces vices incalculables. Il faudra du temps pour que tout le monde acquiert le réflexe de Pavlov sans la présence des forces de l’ordre, lesquelles ont d’ailleurs trouvé une nouvelle vocation à défaut de pouvoir éradiquer l’insécurité.

C’est donc une œuvre de longue haleine qui nécessite persévérance et volonté aussi bien pour les usagers que pour les forces de l’ordre. Il va falloir élargir l’initiative à tous les quartiers de la ville, ce qui n’est pas une mince affaire. Il faudra également s’occuper des autres barbares de la cité à l’image des chauffeurs de taxi-be, des tireurs de pousse-pousse et de charrettes, des motards, des automobilistes, des cyclistes…

C’est toute une éducation à faire depuis la petite section. Cela peut paraître très simple mais il est très ardu de faire admettre le trottoir aux piétons, la rue aux véhicules et le marché aux marchands. Antananarivo est une ville sans trottoir. S’il n’est pas squatté par les marchands, il sert de parking ou de garage à des voitures dont la marque et le luxe sont aux antipodes de la personnalité des propriétaires.

Même les boulevards à deux voies n’en ont plus qu’une étant donné que la moitié est obstruée par des malappris tout comme les arrêts de bus.

Il faudra également réapprendre aux automobilistes de serrer à droite dans les rues à deux voies comme le boulevard Ratsimandrava ou le boulevard de l’Europe où bus et taxi roulent à droite et coupent subitement à gauche dès qu’il y a un quidam sur le trottoir. C’est ainsi dans une rue publique.

Le nouveau maire a du boulot étant donné qu’il dirige une ville habitée par des primates qu’il va falloir apprivoiser. Il doit ainsi avoir des qualités de dompteur. Bon courage.

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