Editorial

Question capitale

De nouveaux équipements pour ramener la propreté de la capitale. Ce n’est pas la première fois que le Samva se dote d’un tel arsenal de voirie. Marc Ravalomanana se dotait du même matériel dès son arrivée à la mairie en 1999 avec l’appui de la coopération japonaise. Les outils ne sont donc renouvelés que vingt ans après. Les bacs à ordures ont fini par se recroqueviller sous le poids des ans et des immondices dont le volume est une grandeur directement proportionnelle à l’augmentation de la population. Les camions bennes et les camions porte-bacs ont tous disparu.

La capitale pourra-t-elle assurer sa toilette au quotidien avec ces nouveaux équipements ? Si la tâche était réduite à une question de matériel, il n’y a pas de raison à ce que Tana devienne la ville la plus propre de Madagascar. Mais le fait est que plusieurs paramètres interviennent et compliquent l’affaire.

En vingt ans, la population de la capitale a triplé en même temps que la pauvreté, le manque de civisme et le volume de déchets. Les habitants ne respectent aucune consigne quant à l’horaire pour jeter les ordures ménagères. Chacun fait ce qui lui plaît. à peine vidés, les bacs sont de nouveau pleins à ras bord.

Il y a vingt-ans, le camion passe une fois par semaine devant un bac à ordures. Aujourd’hui, il doit passer deux fois dans la journée. En terme de coût, c’est colossal. Certes, l’état a annoncé une subvention de 10 millions d’ariary pour la capitale, mais il faut dire que rien que pour ramasser les ordures en terme de carburant, cette somme se volatilise très vite.

Le problème de ramassage d’ordures à Tana se résume surtout, à l’image de celui de la Jirama, à des questions financières.

Il n’y a d’ailleurs pas que les ordures qui préoccupent les dirigeants de la capitale. La réfection des rues, l’éclairage public, l’adduction d’eau potable, la sécurité… sont autant de domaines qui demandent également des moyens financiers importants.Les ressources traditionnelles de la mairie ne lui permettant pas d’assumer les tâches qui lui sont dévolues. Il va falloir chercher d’autres moyens de financement, d’autres revenus pour toutes les communes, en général et pour Antananarivo, en particulier pour qu’elle ne se trouve pas au centre des surenchères politiques, faute de pouvoir assumer ses devoirs classiques.

L’idée d’un fonds monétaire des communes lancée par Edgard Razafindravahy en 2012 n’est pas mauvaise, tout comme la liberté des communes de contracter directement avec les bailleurs de fonds. Autrement, la capitale continuera à vivre d’assistanat pour s’acquitter de ses devoirs et de sa tâche capitale.

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