Chronique

Religion – Poushkar, la foi en couleurs

De l’irréel conduis-moi au Réel ,De l’obscurité conduis-moi à la Lumière, De la mort conduis-moi à l’Immortalité
Cette prière védique nous emmène plus loin que loin dans l’espace et aussi dans les croyances. Un des lieux les plus célèbres de toute l’Inde, Poushkar est sûrement aussi le plus étonnant. C’est en effet un des sites les plus sacrés du pays, et il parvient à réunir des centaines de milliers de personnes qui y affluent à l’occasion de la pleine lune du mois de Karik, pour se baigner dans l’eau du lac que les croyants affirment avoir été créé par Brahma.

Tous ceux qui le peuvent accourent ainsi des campagnes ou du désert avec leurs animaux et leurs chars. Chevaux, chameaux, zébus forment une fresque docile malgré leur diversité. Difficile de choisir où tourner le regard, car le spectacle est partout : dans l’immense campement au milieu des dunes de sable, au bord des chemins, dans les ruelles de la petite ville sainte, ou sur les rives du lac. Tout est rutilant. Le va-et-vient de la foule ressemble à une marée de couleurs aux courants qui se croisent et se mélangent, un mouvement perpétuel où jaune, rouge, bleu, orange et blanc s’entremêlent, se défont et se refont. Voiles, turbans et bijoux encadrent les visages qui, pour l’occasion, ne sont plus que rires et sourires. Musiciens et danseurs sont de la fête pour divertir les passants. Les cannes à sucre bien juteuses rafraichissent grands et petits.

Le bain dans l’eau sainte du lac de Poushkar est l’évènement principal. Comme à Bénarès, le lac est bordé de « ghat », ces escaliers de pierre descendant jusque dans l’eau. On en compte cinquante-deux. Le spectacle de la foule débouchant des ruelles et remplissant les marches laisse difficilement indifférent. C’est une fête toute en couleurs où l’être communie avec la beauté éternelle. Après le bain purificateur, tous se retrouvent pour les réjouissances populaires.

À la tombée de la nuit, les cloches des temples retentissent, appelant aux prières vespérales et au culte de Brahma, le Seigneur de la Création. D’innombrables barquettes chargées de roses, d’œillets, et de jasmins, portant de petites lampes à huile sont déposées sur les eaux, créant une véritable féérie. Et jusque tard dans la nuit, les femmes et les jeunes filles chanteront, assises en rond autour de leurs foyers.

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