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Antsohihy – Les hôtels surpeuplés

Hôteliers, restaurateurs et même simples habitants trouvent leurs comptes dans cette affluence inespérée de visiteurs venus de toute l’ile.

La ville d’Antsohihy est submergée par les délégations officielles. Bien que débordés, hôteliers et restaurateurs se frottent les mains.

Complet. Pour certains hôtels, les chambres sont carrément surchargées. Jamais la ville d’Antsoihy, capitale de la région Sofia, n’a connu une telle affluence. La ville est un lieu d’étape pour les voyageurs qui empruntent la Route nationale 6 (RN6), allant vers Antsiranana, ou les collecteurs de produits agricoles. La ville regorge ainsi d’hôtels de standing différents et autres gites pour les gens de passage. Il en est de même pour les lieux de restauration. Toutefois, ils ont été submergés ces trois derniers jours. Les centres l’hébergement des catholiques ont été surpeuplés. Les quartiers réservés habituellement aux chauffeurs, ont été fortement sollicités.

Plusieurs visiteurs n’ont pas trouvé d’endroit où séjourner. Quelques-uns sont revenus jusqu’à Port Boriziny pour trouver un endroit où se doucher et dormir. Dans ces conditions, le confort est loin d’être une priorité. Ceux qui n’ont pas eu le réflexe de réserver à temps une chambre d’hôtel, ont dû faire avec ce qu’il restait. Les conditions ont été spartiates pour certains. D’autres se sont entassés jusqu’à quatre ou cinq dans une chambre prévue pour deux personnes.

Même Andry Rajoelina, président de la République, et Christian Ntsay, Premier ministre ont dû s’adapter aux réalités du terrain. L’hôtel où ils sont descendus est certes, le meilleur de la ville, mais il est loin du confort digne du rang de ces deux chefs d’Institution. Le premier jour, la chambre destinée au chef de l’État a rencontré quelques soucis de climatisation. Un problème non négligeable lorsqu’il fait 36° à l’ombre.

Outre les chambres d’hôtel, trouver un lieu de restauration convenable est aussi devenu un parcours du combattant, à certain moment. Difficile de trouver une table encore disponible ou de s’accorder le privilège de choisir son plat après les heures de rush. Premier arrivé, premier servi était la règle. Pour se rassasier, les retardataires ont été obligés de s’attabler chez les vendeurs de fritures et grillades de coin de rue. S’il en restait encore.

Razzia

« Nous avons pourtant déjà préparé trois fois plus de plats que d’habitude, mais cela n’a pas suffi », confie Véronique Tsiafehy, gérante d’un lieu de restauration, à Antsohihy. « C’est la troisième fournée de riz que nous servons ce soir », ajoute une de ses collègues. Toutes deux se réjouissent, toutefois, en affirmant que « les affaires marchent ». En effet, chaque heure de repas se traduit pratiquement par une razzia. Même les taxis ont trouvé leur compte grâce aux noctambules. Des habitants ont mis en location leur tout-terrain et joué les chauffeurs d’un jour pour des membres de délégations venues à Antsohihy.

Outre la cérémonie marquant l’anniversaire de la République, Antsohihy accueille aussi un conseil des ministres décentralisé et le premier conseil des gouverneurs. Durant ces trois derniers jours, la sphère de prise de décision étatique s’est déplacée dans la capitale de la région Sofia. Il y a le président de la République et son staff. Le Premier ministre accompagné de ses collaborateurs. Il faut aussi compter avec les ministres et leurs équipes. Certains gouverneurs ont débarqué avec la quasi-totalité de leur cabinet. Certains sont arrivés avec un convoi d’une dizaine de véhicules neufs. A tout cela s’ajoutent les dizaines de garde du corps rattachés à la présidence de la République et le bataillon de la primature, sans oublier les chauffeurs.

Ce n’est pas la première fois qu’un conseil des ministres est délocalisé. Habituellement, cela s’organise dans les chefs-lieux de province. Cette fois-ci, c’est une capitale régionale qui devient, le temps de quelques jours, la capitale politique du pays. Et cela devrait n’être qu’un début. Selon Andry Rajoelina, le conseil des gouverneurs devrait se tenir tous les quarante-cinq jours et faire le tour des capitales régionales.

«C’est la première fois que nous avons autant de clients, dans un laps de temps aussi court. Bien que gérer cette affluence n’ait pas été de tout repos, cela fait du bien aux finances, surtout après la crise », conclut Rolland Eddy, gérant d’hôtel.

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