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Editorial

Insuffisance létale

L’insuffisance rénale est certainement une nouvelle maladie qui affecte un grand nombre de personnes et en tue autant sinon plus que le cancer. Son traitement coûte une fortune puisque pour se maintenir en vie , il faut passer trois séances de dialyse par semaine dont la séance vaut au moins trois cent mille ariary pour le tarif le moins cher. Si le cancer a “l’avantage” de passer par plusieurs stades avant d’achever le malade, l’insuffisance rénale peut mettre fin à la vie de sa victime si celle-ci manque quelques séances de dialyse. Or à ce prix, beaucoup de malades sont irrémédiablement condamnés. Récemment un jeune grand champion de sport auto vient de passer à l’au-delà après une lutte contre la maladie. Il ne sera certainement pas le dernier. Avant lui, d’autres célébrités ont dû abdiquer. Jusqu’à maintenant la seule chance de pouvoir guérir est la greffe d’organe. L’Inde est la destination la moins chère et peut-être la plus sûre pour cette opération. Mais une telle opportunité n’est pas non plus offerte à tout le monde. Un célèbre artiste a pu avoir cette chance grâce à une chaîne de soutien dont celui du président de la République. Il en est revenu sain et sauf après deux années de traitement.

Actuellement, l’Etat a construit un centre de transplantation d’organe à Andohatapenaka. Le bâtiment est prêt depuis quelques mois avec les équipements nécessaires. Un véritable espoir pour les nombreux patients qui souffrent de cette maladie depuis des années. Mais le hic c’est que la transplantation d’organe n’est pas permise par la loi tout comme l’interrruption medicale de grossesse. Pour diverses raisons culturelles et sécuritaires, personne n’ose franchir le rubicon. À l’heure où les prétendus vols d’organe assaillent les colonnes faits divers des journaux, le risque semble grand. La proposition de loi à ce sujet a été du coup mise en sourdine. Vrai ou faux, les vols d’organe ont écumé la légende de la République depuis les “mpaka fo et mpaka ra. Il suffit pourtant d’un texte pour redonner espoir à des centaines voire des milliers de gens. Mais faute d’un courage que la conjoncture de pauvreté chronique et de réalisme social exige, on s’en tient à des considérations vielles comme le Moyen Âge. L’insuffisance létale se trouve au niveau de ceux qui sont censés élaborer la loi.

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