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Editorial

Secren d’Etat

Entendu dans un radio crochet. Que signifie Secren ? Réponse d’une petite-fille « Tsy ambara olo » (Garder secret). Eh oui, la situation de la Secren aujourd’hui est juste honteuse qu’on a du mal à le croire. Comment une telle institution peut-elle péricliter au point de ne plus pouvoir payer son personnel. C’est certainement la plus ancienne industrie du pays puisque la construction du bassin de radoub remonte à 1905. La Direction des constructions et Armes navales ( DCAN), ancêtre de la Secren ( Société d’Etudes de Construction et de Réparation Navales) quant à elle a été créé en 1945. La société prospère durant la période coloniale et a été nationalisée pour devenir entreprise socialiste en 1975.

Sept directeurs généraux se sont succédé à la Secren en 46 ans d’histoire. Il est clair que la nomination d’un DG d’une société d’Etat était plus politique que technique.

La Secren marchait bien jusqu’en 2002 et a été l’une des rares sociétés d’’Etat qui marchaient et qui n’avaient pas périclité à cause d’une mauvaise gestion.

Les problèmes vont apparaître à partir de cette année sous différentes formes dont la vétusté du matériel, des charges élevées, une mauvaise gestion. Une période difficile pendant laquelle la Secren ne faisait plus de bénéfice et ne pouvait donc plus investir pour remplacer son matériel. Un début de redressement a été entamé en 2010 mais la situation nécessitait d’énormes fonds d’investissement estimé à 14.200.000.000 ariary. Tout n’a pas été réalisé et la situation s’est aggravée au point que la Secren est presque en faillite aujourd’hui.

L’État est venu au secours de la Secren pour régler les cinq mois d’arriérés de salaire du personnel étant donné la place cruciale de l’entreprise dans l’économie d’Antsiranana. Le président de la République lui même est venu prêter main forte à ce fleuron de l’industrie, unique dans la région. Des plans de redressement sont envisagés pour relancer la machine. Reste à savoir si on va trouver de partenaire à cette entreprise dont le passif est assez lourd.

Les perspectives existent réellement puisque en une année, pas moins de sept mille bateaux passent par le canal de Mozambique et l’océan Indien. Si il y en a vingt qui recourent au service de la Secren , le compte serait déjà bon. Le fait est que sans modernisation du matériel, les clients iront voir ailleurs. Ce n’est un Secre ..n pour personne.

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