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Valérie Zafindravaka – « Vers un redécollage de l’entrepreneuriat ébranlé par la crise »

Valérie Zafindravaka admet que la crise sanitaire ébranle les initiatives entrepreneuriales.

La crise sanitaire a contraint plusieurs entrepreneurs à se soustraire des financements et il a fallu rechercher des solutions selon Valérie Zafindravaka, première responsable du programme d’appui à l’entrepreneuriat Fihariana.

-Qu’en est-il de l’appui à l’entrepreneuriat en cette période de crise liée au coronavirus ?

Face au dynamisme de la production si l’on prend l’exemple des entrepreneurs avicoles soutenus dans le cadre du programme Fihariana, la demande du côté de la population s’est beaucoup réduite au contraire. Les responsables de Fihariana sont descendus de supermarché en supermarché pour écouler les productions des éleveurs des poulets de chair ayant bénéficié de l’appui financier dit « Akohonakà » pour éviter l’accumulation des produits et leur éviter des pertes.

-Et la même situation prévaut-elle pour d’autres localités ?

Dans la région Melaky, jugée lointaine et inaccessible, cinq cent personnes accèdent au soutien dans le cadre du programme Fihariana. La production de maïs et de soja entreprise par ces personnes se développe et trouve en ce moment un preneur, lequel est une entreprise citoyenne également en croissance.

-Quelle aide existe-t-il pour les entrepreneurs dans d’autres secteurs comme la filière vanille par exemple ?

90% des demandeurs de financements localisés dans la région Sava sont actifs dans la filière vanille. La fluctuation, voire la chute des prix devient un risque. La normalisation de la situation à travers une politique de fixation de prix pour la vanille est rassurante. Par ailleurs, six cents agriculteurs évoluent actuellement dans la production de grains secs dans la région Atsimo Andrefana et développent actuellement leurs cultures depuis l’existence de financements accordés.

-Des demandes de financements sont-elles refusées par le programme Fihariana?

L’octroi de financement vise à aider l’entrepreneur à développer une activité et à créer des emplois. Le projet entrepreneurial proposé par le demandeur de financement est scruté afin d’accompagner l’entrepreneur potentiel dans l’évaluation correcte du financement dont il a besoin, dans la mise en adéquation de son objectif avec des moyens mobilisables. Un projet qui ne permet pas à l’entrepreneur de vivre et faire vivre ses collaborateurs ne peut pas bénéficier de financement et doit être réétudié par son porteur.

-Que deviennent les bénéficiaires des prêts octroyés à travers Fihariana?

ce moment, s’autonomisent et ont remboursé leurs prêts. Les plus aventuriers plaident pour un second octroi de prêts pour vivre en parallèle d’autres expériences entrepreneuriales. Pour le programme Fihariana, la priorité est accordée à une identification au niveau national de ceux qui n’ont pas encore bénéficié de prêts. La finalité étant de faire émerger le maximum d’entrepreneurs dans tout le pays. Du suivi et de l’évaluation sont effectués sur terrain par les responsables de Fihariana pour constater l’avancement des activités des entrepreneurs déjà soutenus financièrement.

-Quelle solution le programme Fihariana propose-t-il aux personnes exclues du salariat à cause de la crise sanitaire ?

C’est afin d’aider plutôt les structures entrepreneuriales existantes que les financements sont orientés. En contrepartie du financement accordé par Fihariana, le maintien des emplois au niveau de l’entreprise bénéficiaire est la condition déterminante. Trois cent vingt-neuf structures dans dix-neuf régions se trouvent dans cette situation et s’engagent à conserver les emplois formels existants chez elles. Dans les autres régions, l’accompagnement financier se renforce exclusivement autour de la campagne agricole en démarrage. Pour les entreprises naissantes et existantes en phase de reconversion vers la réalisation d’autres activités,de la formation incluant notamment l’éducation financière est octroyée avec les prêts.

-Est-ce que le programme Fihariana prend en compte la dimension de l’impact de la crise dans les secteurs d’activités où l’entrepreneuriat agonise totalement?

Les entrepreneurs dans le cadre formel s’engageant à se remettre en activité et à conserver tous les emplois qu’ils ont créés bénéficient de mesures exceptionnelles. Par un prêt remboursable en vingt-quatre mois, six mois de différé en capital et intérêt constituent la solution pour aider chaque entrepreneur à se relancer.Pour les entrepreneurs dans le secteur du tourisme, des prêts à taux bonifié de 7 à 8 % sont accordés, appuyés d’un différé de remboursement de huit mois en capital et intérêt.

-Est-il question d’une facilitation sans conditions de l’accès au financement à travers Fihariana ?

À la base se trouve l’éducation menée pour pousser chaque personne prétendant à un prêt à penser à une activité viable et vivable pour soi et pour d’autres individus. Sans esprit entrepreneurial qui constitue le gage de l’octroi de prêt, aucune suite favorable n’est accordée à une demande. La volonté de travailler exprimée par l’entrepreneur est sérieusement étudiée. C’est dans le cadre de cette prudence que le programme Fihariana développe ce qu’on appelle par « atelier partagé ». Il s’agit là pour des membres d’une coopérative agricole, de se mettre d’accord d’abord par rapport à un travail commun à faire et les appuis techniques nécessaires.

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