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Editorial

Asile épars

Un aliéné mental escalade les pylônes de haute tension de la Jirama à Anosizato, hier. Ce n’est pas une première dans la capitale. La scène a attroupé des milliers de badauds attendant l’explosion d’un feu d’artifice mais ils ne seront pas servis. La Jirama a dû procéder à un délestage imprévu pour épargner une condamnation à l’électrocution à 100 000 volts au saltimbanque malgré lui. Les vaillants sapeurs-pompiers l’ont par la suite arraché à la mort après une épreuve de chassé-croisé sur les pylônes. Il a eu plus de chance contrairement à ses prédécesseurs dans cet exercice suicidaire. Mais rien ne garantit qu’il ne tente une nouvelle expérience. On ignore pour le moment s’il a été pris en charge pour être soigné. Si ce n’était pas le cas, il recommencerait certainement son exploit dès que possible.

Ces individus ayant des troubles mentaux écument la ville. Certains sont dangereux et agressifs, d’autres plus dociles. Des véhicules ont été attaqués, ces derniers jours. Des passants ont été agressés par ces fous errants avec un bâton ou un objet contondant. Des femmes ont été victimes de viol par ces névrosés. Ils participent néanmoins au vivre ensemble dans la ville jusqu’à ce que les autorités communales estiment qu’il faudra coûte que coûte les mettre hors d’état de nuire. Ils constituent un danger permanent pour le public. Il faudra trouver un endroit pour les isoler avec ce que cela suppose de budget de fonctionnement et de personnel traitant. L’hôpital psychiatrique d’Anjanamasina souffre depuis longtemps d’une insuffisance budgétaire pour assurer les soins à ses pensionnaires. Un dilemme se pose d’ailleurs aux autorités communales. Faut-il prioriser les fous de la ville au détriment des indigents qui ont repris leur occupation en arpentant les rues et tunnels dès la fin du confinement ? Le fait est qu’on ne peut pas laisser éternellement ces détraqués continuer à semer la terreur et amuser la galerie avec des numéros de cirque dont eux seuls ont le secret. La CUA a le devoir de protéger ses administrés contre le danger que représentent ces handicapés mentaux. Il lui faudra trouver un asile épars pour les couper du reste du monde. Une autre paire de manche quand on sait que les efforts de la CUA pour renflouer sa caisse à travers le recouvrement des taxes héritées des administrations précédentes se heurtent à un refus catégorique et sarcastique des Tananariviens. On sait pourtant que pour disposer du budget de travail voté en assemblée générale du conseil municipal, il faudra trouver d’autres ressources que les tickets de marché, les patentes, les recettes administratives… Il y a longtemps que cela ne suffit pas pour ramasser les ordures, retaper les rues, construire des infrastructures d’hygiène, construire de nouveaux marchés…L’ancien PDS de Tana, avait lancé le Fonds monétaire des communes, suggéré la possibilité pour les communes de contracter directement avec les bailleurs de fonds. Des idées qu’on peut reprendre. Pour effacer l’amairetume.

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