Economie

Fibre optique : La libéralisation du marché se fait attendre

L’optimisme gagne l’esprit des opérateurs du secteur télécom avec l’annonce récente de l’ouverture du marché.

Fin du monopole sur la fibre optique annoncé au mois de mai, quatre mois après, il n’en est rien. Le processus de réduction de la fracture numérique est à la traine selon le constat exposé hier à Ankorondrano par le directeur général d’Orange Madagascar. Ainsi, Orange attend que l’État clarifie enfin les règles du jeu pour ce qui est de l’exploitation des réseaux de télécommunication à Madagascar dans la mesure où, pour l’instant, Telma est le seul opérateur autorisé à faire usage de la fibre optique depuis 2014. « En situation de monopole, les prix sont souvent sujet de tendance à la hausse. Une situation qui va à l’encontre de la politique de démocratisation internet véhiculé par les autorités ainsi que la stratégie de notre enseigne qui est de permettre de mener les bénéfices du numérique à la porté du plus grand nombre. La fin du monopole signifierait une meilleure accessibilité pour toutes les bourses », souligne Michel Degland, directeur général d’Orange. Une façon pour ce responsable de suggérer que rien ne peut se faire sans la volonté de libéralisation de la part du gouvernement.

L’État malgache s’est engagé à concrétiser sa volonté de libéraliser le secteur des Télécommunications, le gouvernement ne l’a pas encore fait. Pourtant à Chris­tian Ramarolahy, ministre des Postes, des télécommunications et du développement numérique d’affirmer que « Nous ne pouvons plus accepter que la situation reste monopolistique. D’autres opérateurs se plaignent de ne pas pouvoir investir correctement. L’ouverture du marché pour le développement des infrastructures est aujourd’hui une priorité pour le ministère ».

Taxation
Dans les îles voisines ou encore sur le continent, il y a des offres internet qui tournent autour de 20 à 29 euros. Avec la libéralisation de ce monopole, Madagascar pourra également bénéficier de ce genre d’offre. Pour le moment, le coût de l’accès à la fibre reste en dessus de la barre des 200 000 Ariary. Un luxe pour la plupart des Malgaches sans compter le faible taux de pénétration de l’internet au niveau nationale. Ce coût conséquent s’explique en partie par le niveau de taxation sur les télécommunications qui est relativement élevé. « On a par exemple les droits d’accises, qui sont des taxes liées à la consommation du service, que ce soit de la voix, de la data, ou des sms. Habituellement ces droits d’accise on les retrouve soit sur des produits qui sont néfastes à la santé parce qu’on essaie d’en limiter l’usage, soit sur des produits de luxe. Aujourd’hui sur les télécommunications à Madagascar, on avait une taxe de 10% avec le précédent gouvernement. Elle a diminué à 8%. Un baisse déjà favorable mais qu’il faudrait encore accentuer car on ne peut pas dire aujourd’hui que la télécommunication est un produit de grande consommation et d’absolue nécessité, et en face mettre des taxes importantes et spécifiques dessus », explique le directeur général d’Orange.